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SCENE II

BAGNOLET, AllTMÉJlISE.

ARïHÉMiSE. Avez-vous fini vos manières?

Mais dépêchez-vous donc, tiès-fort, très-fort.

BAGAOLET. Elle a tout entendu.

ARTHÉMiSE. xih ! couunc c't'st !îia!in!.., comme c'est spirituc!. .. 3iais frottez, frottez donc, monsieur John.

BAGNOLET, à part. Je suis pincé... c'est clair!

il ôte furtivement le linge qui est sur la corde, et le fourre dans sa poche.

ARTHÉMISE. Eh bien, où est-il donc ce jroom? je ne le vois pas. ..

BAGNOLET. Je viens de l'envoyer eu coninission. . . il est allé me changer un billet de janque.

ARTHÉMISE. Bon, bon... je connais cette )anque-là!... Et ce sixième étage qne vous )ccupez, c'est pour être en bon air ; votre neublc d'acajou est chez le tapissier... et... ■t ces charmantes bretelles... {Elle touche es ficelles qui lui en servent.) Ce sont des emmcs qui vous les ont brodées.

BAGNOLET. Arthémisc , vous aimez à plaianter. . . ce sont de simples bouts de ficelles [ue je...

ARTHÉMISE. Oui, ça vous fait des bretelles icelées... {Avec rjentilksse.) Allons, allons, oyez donc tout simple, tout naturel... pouruoi vous faire plus riche que vous n'êtes?... st-ce que vous avez besoin de ça pour me laire?... est-ce qu'une simple griset'.e OMimc moi ne sait pas bien ce que c'est que

1 débine?

BAGNOLET. Au fa ; - VOUS avez raison ; à as la gloriole ! Ce que j'en faisais, c'était our ménager vos nerfs, votre sensibilité...

2 voulais vous cacher quelque temps ma déressc... mais c'est lini, je serai franc avec eus... Oui, Arthémise, mes jours de fortune ont passés ; Arthémise, je possédais un charlant mobilier, mais je m'en suis défait par utorité de justice... Arthémise, j'étais orné 0 bijoux qui me venaient de mon oncle, je ,'s ai déposés chez ma tante... Arthémise , avais à mon service un laquais tout habillé 0 panne... le laquais est parti, la panne eulc m'est resiée.

ARTHÉMISE. A la bonue heure , voilà de la franchise.

BAGNOLET. Oui, Arthémisc !.. . A la reine des pannes, voilà mon enseigne.

ARTHÉMISE. Eh bien, j'avais vu ça au premier coup d'œil.

BAGNOLET. Ah ! bah ! vous aviez remarqué. . ARTHÉMISE. Votre habit râpé, vos souliers peu vernis, votre chapeau déformé !

BAGNOLET. Ah ! le fait est qu'en voilà un qui pourrait afficher : On demande un remplaçant I Et cette découverte-là ne vous a pas fait changer à mon égard ?

ARTHÉMISE. Au Contraire, elle m'a fait plaisir.

BAGNOLET. Comment, plaisir?

ARTHÉMISE. Eh! Oui, car ça nous rapproche... ça me met à mon aise avec vous!... Ecoutez-moi , vous m'avez l'air d'un bon garçon...

BAGNOLET. Oh! pour ça... la fleur des bons garçons, le dessus du panier.

ARTHÉMISE. Saus être tout à fait un Adonis, vous n'êtes pas trop mal.

BAGNOLET. Dites que je suis très-joli, et n'en parlons plus.

ARTHÉMISE. En outrc, je vous crois capable de rendre une femme heureu.se.

BAGNOLET. Hcureuse !... oh oui, trop heureuse!... la malheureuse!

ARTHÉMISE. Eh bien! alors, soyez laborieux, rangé, économe , et je partage avec vous mon petit héritage, je consens à vous épouser.

BAGNOLET. Comment ! vous consciîtcz. . .

vous partagez... vous m'épousez... vous, si bonne, si aimable, .si gentille... O Dieu! la joie, le ravissement, le bonheur!... je sens que je vas me trouver mal.

ARTHÉMISE. Allous, allons, pas de bêtises,

nous n'avons pas le temps; dès demain, nous

publions les bans , et nous ferons la noce...

BAGNOLET. C'est ça , nous ferons la noce

dans un joli endroit, à la Chatte amoureuse!

DIDIER, hors scène. Bagnolet!

KmutmsE, écoutant. Tiens, on dirait

qu'on vous apj)elle.

BAGNOLET. Moi, impossible; je n'attends personne.

DIDIER. Bagnolet !

ARTHÉMISE. Mais , si fait... {ouvrant îa porte) j'entends bien...

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