‹ [Magasin théâtralChapitre 238 sur 1545 · SCENE m · texte numérisé non relu

SCENE m

MONTORGUEIL, PAUL, DIGONARD,

très-élégamment vêtu.

DIGONARD, à l'aul, en entrant. Je vous rénètc, mon bon ami, que vous allez trop vite; vous tiniroz par accrocher!

MONTORGUEIL. Eh bien , qu'est-ce donc?

De quoi .s'n^/it -il?

DIGONARD, avec humeur. Il s'agit... il s'agit... qu'il fouette trop le cheval... qu'il rase de trop près les autres voitures... et qu'il finira par briser... son... mon... le cabriolet.

MONTORGUEIL. Ce pauvie Digonard, il surveille toujours ses avances!

PAUL. Laissons cela... C'est aujourd'hui que vous m'avez promis une explication , et cette exolicatiou puis-je vous la demander ?

MONTORGUEIL. Sois tranquille, bientôt tu sauras...

PAUL. Encore des retards... non, c'est à l'instant que je veux...

DIGONARD. Allons, bon, voilà qu'il gesticule à présent! Ne croisez donc pas les bras comme ça! Il va faire craquer mon habit.

PAUL , avec impatience. Votre habit ! votre habit!

MON! ORGUEIL. Voyous, de quoi te plainstu ?. . . Tu avais rêvé le bien-être , la fortune, de riches habits, des chevaux, et nous t'avons donné tout cela.

PAUL. Oui; mais je veux savoir à quel prix.... je veux apprendre enfin ce que vous exigez de moi en échange de ce que j'ai reçu...

MONTORGUEIL . Presque rien, ta signature.

PAUL. Ma signature !

MONTORGUEIL. Au bas d'uù Contrat de mariage.

PAUL. Un mariage!

DIGONARD. Oui , mon tendre ami, nous voulons vous marier un peu.

PAUL. Ne l'espérez pas... c'est impossible !

MONTORGUEIL. Impossible!

DIGONARD. Allons, boni... il a la manie de gesticuler en parlant...

PAUL. Me marier, moi!... et Louise, mon Dieu, Louise !

MOi>JTORGUEiL. Louise! qu'est-ce quc c'est que ça... une ancienne passion 1 une maîtresse?

PAUL. C'est un ange de vertu, de résignation... que j'ai condamnée à la misère, au malheur... 5 qui jai fait les serments les plus sacrés... et j'irais l'abandonner, la trahir!... oh! jamais! jamais!

DIGONARD. Les entournures, jeune homme... IMénagez donc les entournures.

MONTORGUEIL. Ainsi, par un faux calcul de délicatesse, tu refuses une dot de cinq cent mille francs?

PAUL. Cinq cent mille francs !

MONTORGUEIL. Oui. Songe donc qu'avec cinq cents mille francs tu assures le sort de celte femme, ton sort à toi-même, et celui de tes deux bons amis.

DIGONARD. Eh! oui; elle est heureuse, vous êtes heureux, je suis heureux... nous sommes tous heureux!

MONToiu;n:ir.. Tondis que situ refuses,..

LES BOHÉMIENS DE PARIS

DIGONARB. Alors, je reprends mes avances.

MONTORGi LiL. Tu retombes dans la fange d'où nous t'avons tiré... à toi la misère, l'abandon, la faim...

PAUL. La misère, la faim î Oh ! que faire... que résoudre ? D'un côté la trahison , le parjure... de l'autre l'éclat et la fortune...

MONTORGUEIL. Une fortune immense , une dot superbe, et plus tard les espérances les plus brillantes... allons, réfléchis, calcule, décide.

DiGONARD. Justement, voici le beau-père!

PAUL. Le beau-père !

MONTORGUEIL. Ahl diable! et nous n'avons pas eu le temps de le mettre au fait.. . N'importe, écoute et profite.

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