‹ [Magasin théâtralChapitre 318 sur 1545 · SCENE VIL · texte numérisé non relu

SCENE VIL

Les 3IèMEs , JEAN, UN ANGLAIS.

JEAN, allant à Charles. Monsieur Charles, voici la personne qui est déjà venue deux fois...

CHARLES, s' avançant. Ahî monsieur...

(// le salue.) Pardon. {A Jean.) Prie mère Sainte-."\îarie de voir s'il est nécessaire d'appli(iucr... {Il reoient à l'étranger.) A qui ai-je l'honneur de parler?

l'anglais. Je suis lord Stalbourn. Je suis chargé pour vous d'une lettre qui vient d'Angleterre.

CHARLi:s. Si vous voulez prendre la peine de passer à ma chambre.

l'anglais. Je n'ai pas le temps, le navire n'attend plus que moi pour mettre à la voile , je ne peux plus tarder de cinq minutes, et je suis très-heureux de vous rencontrer cette fois pour vous faire quelques questions, quilquesingulièrcs qu'elles puissent vous paraître. Vous êtes garçon ?

CHARLES. Oui, monsieur.

l'anglais. Vous êtes d'origine anglaise.

CHARLES. Par ma mère, qui avait une sœur dont j'ai entendu parler dans mon enfance , mais que je n'ai jamais connue.

l'anglais. Je vous ai prié d'avance d'excuser la singularité de mes (luestioiri... Avez-vous quelque fortune patrimoniale ?

CHARLES. Je devrais en avoir; mais j»ar

suite d'une banqueroute, je suis réduit à mes appointemcns.

l'angl.ais. Eh bien, jeune homme, si quelqu'un disait : Je connais une jeune personne bien élevée, de naissance honnête, riche comme vous deviez l'être, l'accepteiiez-vous pour femme de la main de celui qui vous ap|)orterait une fortune inattendue?

CHARLES. Je répondrais à une proposition pareille : Je suis sans ambition , j'ai cependant désiré quelquefois d'être riche pour enrichir une lenuue que j'aime et qui est pauvre. S'il faut en épouser une autre, dûl-on m'apporter des millions , dès que je ne peux pas les lui offrir, je n'en ai pas besoin.

l'anglais. Cela suffit, monsieur; l'heure du départ m'appelle ; adieu, portez-vous bien. Si jamais nous nous rencontrons, je serrerai avec plaisir la main d'un galant homme, [il lui donne la main et dit en s en allant) qui m'aurait rendu un grand service en me débarrassant de la jeune fille que j'ai sur les bras.

Il sort.

CHARLES, après l'avoir reconduit. Voilà un singulier homme de lord. (// va pour briser le cachet de sa lettre.) Voyons ce dont il s'agit.

LOUISE , qui est toujours au lit , avec Jcan^ la mère Sainte-Marie et les forçats. Monsieur Charles, venez donc un peu.

MÈRE SAINTE-MARIE. Je crois qu'il n'y a plus d'espoir.

JEAN , en remuant la tête. Ma foi !. ..

CHAULES, <7î// a jeté les yfux sur la lettre. Est-il possible !

JEAN, a Louise. M. Charles ne vous a pas entendu. ..(^ Edouard fjui entre.) Voyez doue , monsieur Edouard...

Edouard s'approche du lit.

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