SCENE VI
LAUNAY , M""' PERSCOFF , HEN- RIETTE, DE BRICHE.
«me PERSCOFF , à de Briche. Vous êtes obligé de convenir que sa position est aussi claii'e que sa fortune.
DE BRIGUE, montrant Edouard. Si vous ne voulez pas qu'il vous entende , parlez moins haut.
iiEivuiETTE, deméme. Il est encore là....
M""* PKRSCOFF. Qu'est-ce que ça fait?..
{yi Edouard.) Monsieur Lauuay, nouscausions de vous...
LAUNAY. C'est trop de bonté!...
M""= PERSCOFF. Et ce qui va vous paraître plus singulier, c'est que je racontais votre histoire...
LAUNAY. Je ne sais ce que vous voulez dire.
M""^ PERSCOFF. Oh I c'est que je suis au fait de votre vie passée... Vous ne vous en doutez guères, n'est-ce pas?...
tAUN.AY, troublé. Madame, c'est une plaisanterie...
M™" PERSCOFF. Ce n'est point une plaisanterie. Est-il vrai que vous soyez né à Birst, que vous ayez été reçu chirurgien de marine en 1816, que vous ayez voyagé dans je ne sais plus quelle mer?
L'AGRAFE
LAUNAY. Je ne dis pas non, madame.
jjme PERSCOFF. Vos camarades ne vous appelaient-ils pas le dernier des Stuaris par allusion à votre nom d'Edouard et aussi à vos rêves ambitieux?..
LAUNAY. Je trouve bien singulier, en effet...
M™* PERSCÔFF. Singulier ou non
suis-je bien informée?..
LAUNAY. Si bien, madame, que je veux savoir qui vous a donné ces détails...
mme pjriiscOFF. Ce n'est pas toiit Je
sais encore îjue vous êtes devenu riclie , subitement. .. en béiitaut d'un oncle que personne ne connaissait.
LADlXAY. Suis-je donc soumis ici à une inquisition occulte? (// regarde, de Brirjie.) Qui vous a dît cela, madame?...
M"" l'ERSGOFF , effrayée. Mon ï)icu , je ne voulais pas vous mettre en colère, je n'ai pas cherché à connaître ces détails — Mais il y a ici sans doute des gens plus intéressés que moi à les savoir.
LAUNAY. Ces gens, quels sont-ils. .. par grâce ?
M™» PERSCOFF. Un fragment de lettre que je viens de trouver par basaid dans le jardin vous les indiquera peut-être, et m'a appris ce que je viens de répéter.