LAUNAY, CHARLES, LOUISE
LAL'NAY. Charles!
CHAULES. Edouard!.. {Edouard reste .tlupé/ai/, ) Mais embrasse-moi donc !
LA.IINAY. De grand cœur. Comment! à Baden-Willer !..
CHARLES. Avec ma femme...
Il lui tend la main.
LAUINAY , revenant à lui. Mais c'est comme un rêve... j'étais si loin de m'attendre... Hé! quel heureux hasard vous anmenf's ?
LOUISE. Ce n'est point un hasard...
CHAULES. Nous venons nous fixer auprès de notre belle-sœur , presque aux portes de cette ville, à l'autre extrémité.
LOUISE. Seulement nous ne devions nrliver que le mois prochain.
EDOUARD, vwement. Et quel incident a fait avancer votre départ?..
CHAULES. Toi...
EDOUARD. Ah! je reconnais bien là la franche et constante amitié.
Il lai serre la main.
CHARLES. Tu dois être en relation avec lord Stalbourn.
EDOUARD. Je ne connais personne de ce nom. . .
CHARLES Ah! c'est possible; il fait envoyer ses lettres à sir Burns; tu connais ce nom au moins?
EDOUARD. Ah! oui, sir Burns!..
CHARLES. C'est lui qui s'adresse à moi >our obtenir des renseignemens sur ton caractère , sur ta conduite antérieure.
Vous êtes sans doute en relations d'affaires, tu nous conteras ça.
EDOUARD, a part. Et moi qui allais m'imaginer!..
CHARLES. Mais que je te félicite donc avant tout. Eh bien , le pauvre sort que tu maudissais ne t'en a pas tenu rancune, à ce qu'il paraît... tu as fait un hériiage au.ssi ?..
EDOUARD, soupirant. Moins beau que le tien...
CHARLES. Homme insatiable, va !(/î/« /.; Hé! héî hé! tu n'as pas changé?..
EDOUARD. Tu te trompes sur l'exclamation que j'ai faite!.. Loin de souhaiter davantage... je regrette quelquefois d'avoir cette fortune...
CHARLES. Voilà une autre idée, à présent... parcequ'ill'a trouvée toute faite... il eût désu'é la faire lui-même. . .
EDOUARD. Oh ! oui... pour qu'il en fût ainsi, je donnerais tout ce que je possède, et encore la moitié de ma vie...
CHARLES, à Louise. A Toulon il disait tout le contraire... l'original... Voyons, conte-nous les entreprises gigantesques écloses dans cette tête voicanisée ! . .
EDOUARD. Il ne s'agit point d'entreprise, xuais de mariage . .
LOUISE. Vraiment?
CHARLES. Ah!., délicieux... parfait...
voilà que l'homme à grandes vues commt le Philosophe Bourgeois aboutit tout uniment au mariage! Il ne faut pas demander si tu aimes !...
LOUISE. Et si vous êtes aimé !..
EDOUARD. J'ai quelques raisons de le croire...
CHARLES. Eh bien I parle-nous de tes amours, de ta succession; tu n'as pas dû t'enrichir comme tout le monde (Edouard tressaille) ni te passionner comme un autre...
EDOUARD , un peu ému d^ abord. Ce qui me concerne n'a rien de merveilleux...
Après avoir réalisé l'héritage d'un ancien parent dont j'avais appris la mort pendant que vous étiez allé faire une course jusqu'à Paris , je voulus voir l'Italie , la Suis-^e et l'Allemagne. En revenant en Fraiice comme je te l'annonçais , je m'arrêtai dans cette ville , et j'eus l'occasion de voir miss Fanny ; je connaissais assez d'anglais pour causer dans sa propre langue, et cette circonstance, qui nous rapprocha davantage, eut aussi pour résultat de nous isoler du reste de la société.
CHARLES. Bravo !
LOUISE. Laisse-le donc dire, Charles.
CHARLES, à Edouard. Y ois-tu comme ça commence à l'intéresser !
EDOUARD. Nos jours passaient comme des heures, lorsque l'apparition inattendue de sir Burns vint troubler ce tranquille bonheur. Annoncé par miss Fanny comme un ami de sa famille, qu'elle r.esj)ectait à l'égal d'un père, sir Burns ne la quittait pas d'un instant. Je commençais à m'uriter, et je ne sais conunentse serait terminé cet état de choses sans votre arrivée qui vient de tout éclaircir, de tout <or)cilier.
MAr,A«iN THFATHAL.
COARLES. Puisque je tiens ton sort attaché à mes parolf s , je vais l'arranger auprès désir Bunis de la bonne manière.
EDOUARD, les/iiisa/it tournera i^aiiche.Tenez, mes amis , cttie belle personne qui salue de la main quelqu'un que nous ne pouvons apercevoir.
CilvnLKS. Qui maintenant vient vers nous...
EDorxuD. Oui, c'est elle, c'est Fanny, c'est ctUe que j'aime.
LOUISE. Elle est ciiannante.
<>CVA\E XI.
Les Mêmes, FANNY.
ÉDOr.ARD , a'iant uu-ihvunt d'elle. Quel i;eureux mortel méritait ce salut gracieux, miss?
F\\\Y. Je reconduisais sir Burns, qui va faire visite, à l'autre extrémité de la ville.
ÉDOU\RD. M. et M^^ Dutremble que j'ai l'honneur de vous présenter {^xdluts mulurls) venaient apporter
de Toulon à l'ami de votre famille les rensei.'jnemens qu'il désirait. Ils vous connaissent déjà. Vous ne srrez pas surprise que, dès en arrivant, j'aie parlé de mon amour à mon premier, à mon meilleur ami.
CHAULES. Et mamtenant que nous vous avons vue, mademoiselle, nous le félicitons bien sincèrement de son choix.
FANNY. Je suis sensible à votre bienveillance, et je rtJ^rette que sir Burns soit sorti si mal-à-propos.
LOUISE. Mon ami, si nous profitions de cette absence pour aller prévenir ma sœur de notre arrivée?
criAULES. Tu as raison.
ÉDOUAUD. Ecoutez, il y a aoirée dansante, que Charles vous y amène.
FANNY, à Louise. Ce serait bien aimable... et nous aurions le temps pendant le bal de faire un peu connai.ssance.
CHAULES. C'est à Louise à décider après une aus.si longue route.
LOLLSE. Voire bonheur nous reposera.
On se délasse avec ses amis.
Elle tend la main h Fanny.
FANNY. Que vous êtes bonne, niadame!
ÉDOUAUD. Et fîracieusc.
CHAULES, Nous, partons vite pour revenir plus promptement.
Ils sortent.