‹ [Magasin théâtralChapitre 356 sur 1545 · SCENE yiii · texte numérisé non relu

SCENE yiii

ISAAC, ci>amnu, NOÉMA, BACHEL.

NOÉMA, à Rachel. Pauvre malheureux î Dieu lui donne la force dont il a besoin I {Apc7-cecant Isaac.) Biais que vois-je ?

RACHEL. C'est Isaac.

NOÉMA. O ciel! que lui est-il donc arrivé? Elles courent à lui.

I RACHEL. Blon fils!

ENSEMBLE. < .,^ ■ t»,t , • ■ '%

( IMOEMA. Mon bieu-aime!

ISAACp revenant à lui. Qui êtes-vous? que me voulez-vous? [Reconnaissant Rachel.) Ah ! ma mère.. . {Il l'embrasse.) Ma mère ! [De même à Noéma.)Et toi, ma compagne chérie, ma femme, ma Noéma ! Eloignezvous, laissez-moi. . séparez-vous du maudit!

RACHEL. Que dis-tu ?

NOÉMA. Toi , maudit! et par qui?pourquoi?

ISAAC , pleurant et avec désespoir. Laissez-moi , laissez-moi , vous dis-je , l'anaîlîème est prononcé... Il faut qu'il s'accomplisse. [Se levant.) Il faut que je marche... que je parcoure le monde, traînant sur mes pas la désolation , la misère et la mort.

NOÉMA. Ton esprit s'égare.

RACHEL. Tes sens sont troublés. [Le pressant dans ses hras.') ïsaac, mon fils, reviens à loi.

TiOÈMX ,, l'embrassant aussi. Que s'est-il donc passé? qu'as-tu vu dans le court espace de temps où nous t'avons laissé seul?

ISAAC. Ne m'interrogez pas. [Il prend un bâton.) Adieu.

RACHEL. Tu parles donc sérieusement?

NOÉMA. Je ne puis croire à cela.

RACHEL. Si tu pars, nous te suivrons. Tu es mon fils , mon imique enfant , je n'ai que toi pour soutenir mes vieux jours.

NOÉMA. La femme doit tout laisser pour suivre son mari; je ne te quitter-ai pas. Quoi I tu nous abandonnerais, tu te séparei'ais de nous, de ton enfant, de ta petite Esther, que tu aimes et dont tu n'as pas vu le premier sourire ?

ISAAC. Embrassez-moi. Vous ne savez pas quelle destinée s'ouvre pour moi , à quels supplices je suis réservé. Vous , xna fille, tout ce que j'ai de cher au monde... ( Pleurant aocc rage. ) Il faut que je vous fuie... ma présence donne la mort... Adieu, adieu...

NOÉMA. Arrête!

RACHEL. Mon fils!

, Un cri lugubre se fait entendre.

ISAAC. Ecoutez.

NOÉMA. Ce gémissement...

ENSEMBLE

LE MASA8IN THiATRAL.

ISAAC. C'est celui du crucifié... son dernier cri... Il expire sans doute.

I,a fondre tfclate, NOÉMA. et RACnCL , criant. Ah \ ~ Un cri ponssif par le peuple se fait également entendre en dehors, ISAAC, frappé (le terreur. Le soleil se retire... l'air s'obscurcit, la terre... la terre tremble sou3 mes pas.

haChel. Sont-ce les signes prédits?

NOÉMA. Je suis glacée d'horreur.

Nonvean conp de tonnerre. Le fond du théâtre sVcronle. On voit la ville incendiée et remplie de

decombres.Une fonle éperdue se montre jetant dea cris, et fuyant à travers le désastre.

ISAAC, s'élançant au milieu du feu et des débris. Voilà les spectacles qui désormais sont réservés à mes regards ! Je pars; je ne forme point de vœux sur vous , mes vœux sont des malédictions.

NOihlA. Attends-moi.

RACiiEL. Attends ta -mère , ton enfant î

kOÉmv. Nos cris n'arrivent plus jusqu'à lui. Ali! malheureuse!

Elle tombe privée de sentiment entre les bras de Rachel.

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