SCENE VI
Les Mêmes , MANASSÈS.
MANASSÈs. Esther, tu tardes bien. Mais quevois-je? à quelle violence t'aurais-je laissée exposée?
ESTHER. Oh ! ne parle pas ainsi, Manassès...
ISAAC. Ton erreur ne peut m'offenser, jeune homme, sois sans crainte et sans inquiétude ; si ui as à redouter quelque violence pour ta fiancée, ce n'est pas de mon côté qu'elle doit venir.
MAA'ASSÈS. Je sais ce que tu veux dire ; mais la sainteté du mariage doit être respectable à l'empereur lui-même, et dans peu d'instans la consécration d'un prêtre du Seigneur aura rendu la nôtre indissoluble.
ISAAC. Je suis loin de blâmer cette sage résolution ; mais pourquoi ce recours aux rites d'un culte nouveau ? Celui de vos
ancêtres a donc cessé d'être sacré pour vous ?
MANASSÈS. Tu vois que je suis autorisé par l'exemple de mon père lui-même.
ISAAC, à Esther. Et tu ne crains pas, toi, enfant ?..
ESTHER. Quoi? Ah! le Dieu de Manassès ne doit-il pas être le mien? Rachel, en mourant, a invoqué le nom du Christ ; ]\o,éma n'a pu résister à la voix puissante d'Etienne, le saint martyr ; ma mère chérie a fini ses joiu's dans une croyance et dans une foi entière aux promesses du divin fils de Marie.
ISAAC. Quoi ! Rachel ?. . Quoi ! Noéma, dis- tu?
ESTHER. Je lésai perdues dans cette vie. mais je les retrouverai dans l'autre, et je jouirai de leur amour, comme elles auront le mien, sans que jamais... jamais! nous ne soyons plus séparées.
îHAXASSÈS. Et l'éternité, l'éternité avec Estlier sera aussi mon partage. {A Esther.) Suis-moi, ma bien-aimée, et revenons bientôt , par notre soumission et notre foi, nous rendre dignes d'un si grand bonheur.
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