LA BARONNE, CHARLOTTE, LA COMTESSE
CHARLOTTE. Madame la comtesse , vos bontés pour moi .sont bien grandes, je vous remercie... mais je ne veux pas me marier.
LA R\R(>NNE, à part. Je devine.
LA COMTESSE. Et quelles sont vos raisons ?
CHARLOTTE. Mes raisons?. .. je n'en ai pas: seulement, je ne veux pas me marier, je ne me marierai jamais.
LA COMTI.SSE. Mais, il y a six mois, vous pensiez dilT<'rt'nunent : vous aviez accueilli la demandr df ce |>;arçon. Qui a pu vous faire changer d'idée ?
CHARLOTTE. Je je ne sais pas : mais
j'en ai changé.
LA BARONNE. Depuis cette époque, mademoiselle a peut-être fait des comparaisons qui ne sont pas à l'avantage de Pierre. LA COMTESSE. Mon enfant, c'est votre bonheur que je veux ; Pierre a l'air d'un honnête garçon, et je vous promets qu'avec lui vous serez dans l'aisance, et votre vieux père aussi.
CHARLOTTE. Monpère?.... mon travail lui suffira toujours.
xm DOMESTIQUE. Le notaire que madame la comtesse a fait demander.
LA COMTESSE. Qu'il attende dans mon cabinet ; je vais lui parler. Vous , Charlotte , restez ici ; réfléchissez à ce que je vous propose, et soyez sûre que vous auriez à vous repentir si vous cédiez à quelques idées folles. Allons, à mon retour, j'espère vous trouver plus raisonnable. { A la baronne.) Parlez-lui , ma chère baronne.