SCÈNE V
Les mêmes, CORNÉLIE.
PAUL
Ah! madame Lavignan... Eh bien?
CORNÉLIE, au marquis.
Manuel va venir, monsieur.
Je vous remercie, madame.
DENNEVILLE.
Eh bien , il paraît qu'il ne cache pas sa Dulcinée si hermétiquement que vous le dites, puisque voilà monsieur qui va voir cette Vénus idéale. CORNÉLIE.
Bast! l'oiseau est rentré dans son trou, dans l'appartement du fond... Qui est-ce qui vous a dit que c'était une Vénus ?
PAUL
Pardieu I c'est votre mari.
CORNÉLIE
Ah! ça ne m'étonne pas! il en est ébahi de cette sylphide, comme il l'appelle... Il croit que son ami a épousé une princesse déguisée. GAGEROT, en riant.
Eh I eh ! on a vu des princesses faire mieux que ça.
CORNÉLIE
Et je vous réponds, moi, qu'elle n'est pas princesse, monsieur Gagerot, car elle vous connaît.
GAGEROT.
Moi!
PAUL et DENNEVILLE.
Lui!
Et vous aussi, elle doit vous connaître, Paul.
PAUL
Moi aussi ! Eh bien Lavignan, qu'est-ce que je t'avais dit?
CORNÉLIE
C'est lorsque j'ai été annoncer à Manuel que M. le marquis voulait lui parler, il m'a demandé qui est-ce qui était dans l'atelier, et quand j'ai dit que c'était Paul Vermond et M. Gagerot... elle a changé de figure du noir au blanc et elle s'est écriée d'une voix toute drôle : Comment, monsieur Paul Vermond! monsieur Gagerot!
DENNEVILLE.
Diable! mais ceci se complique.
CORNÉLIE
Si bien que son mari a pùli à son tour et lui a demandé si elle vous connaissait... EJle a nié... Mais je m'y connais, elle vous connaît, c'est sûr.
GAGEROT.
Moi qui ne viens à Paris qu'un mois tous les ans.
PAUL
Et vous dites qu'elle s'appelle?
CORNÉLIE
Antonie.
PAUL
Antonie ! c'est possible. Cependant je n'ai pas l'idée d'une Antonie; et vous, monsieur Gagerot?
Antonie!... Pas la moindre idée non plus.
EULALlIi PONTOIS.
fk
PAUL
Et vous, Cliangiron?
Mousieur...
DENXEViLLE.
Au surplus, ces dames changent si souvent de nom!
PAUL
Mais chut! voici le mari... Et pas plus lard que ce soir je saurai quelle est la femme.
oooooooooooooooooosooooooooocooooooooooooooocoeoooo