ACTE II, SCÈNE IV
CAMILLE
Vraiment ?
LE MARQUIS, emporté par ses idées.
Figure-toi, Camille , de grands yeux noirs, des cheveux bruns magnifiques 1 un beau front 1 le sourire le plus gracieux !...
M™e DL'PLUSSIS , à part.
Tiens ! comme ça ressemble à ma Cornélie I ( Elle s'éloigne. ) CAMILLE , regardant son mari.
Et vous ne l'avez jamais vue, cette beauté ?
Non, te dis-je...
CAMILLE
Cependant,., ce portrait...
N'est pas flatté, si celui que m'a montré Torcy est ressemblant.
Et vous êtes resté tout ce temps à l'admirer? LE MARQUIS , avec ironie.
Pardon... je n'avais pas encore compris... Vous le voyez, comtesse, le nom d'aucune femme ne peut être prononcé devant Camille, sans que des paroles amères ne viennent me révéler des soupçons...
LA COMTESSE
Que votre tristesse justifie souvent... Depuis un an que vous avez épousé Camille , malgré ses espérances perdues par le crime le plus abominable...
Oui, et plus abominable que vous ne pensez...
LA COMTESSE
Quelque chose semble vous tourmenter... Regretteriez-vous une union que votre seule générosité...
Ah ! comtesse... c'est une injure pour elle et pour moi... Je ne puis vous dire ce qui me rend quelquefois si triste... mais tenez, aujourd'hui même, ce portrait...
CAMILLE
Ce portrait si beau, n'est-ce pas, vous a rappelé des souvenirs...
Bien cruels, croyez-moi...
Ah I c'est trop... ( Elle s'assied. )
LA COMTESSE
Marquis, vous oubliez que votre mère a trop souffert de la légèreté du marquis votre père... que peut-être elle est morte bien jeune... de ce qu'il avait donné ailleurs une tendresse qui devait lui appartenir à elle seule... N'apportez pas à ma fille cet héritage de douleur!., (Elle lui montre Camille qui essuie ses larmes.) Voyez... LE MARQUIS.
Oh! mon Dieu... mais qu'avez-vous donc Camille?
CAMILLE
Bien... mais rien, en vérité...
Camille, quand je vous dirai mon secret, vous jugerez si j'ai le droit d'être triste... Mais aujourd'hui , on va venir, sachons cacher nos inquiétudes.
CAMILLE
Mais je n'en ai plus, je vous le jure... je n'en ai plus...
Merci, Camille... car croyez-moi , si ce secret n'était que le mien, vous le sauriez déjà... A tout à l'heure. ( Il sort. M"»" Duplessis paraît. )
OOOOOOdCOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOQOOO
La comtesse, CAMILLE , M«>e DUPLESSIS, qui va et vient.
CAMILLE
Il rae trompe, ma mère, il me trompe I '
LA COMTESSE
Silence, Camille, nous ne sommes pas seules..
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