CATULLE
Un peintre I Eh bien?
M"" DUPLESSIS
Eh bien ! je me disais tout à l'heure... pour la retrouver, mon enfant... si madame la marquise voulait interroger ces messieurs...
CAMILLE
Interroger ces messieurs... sur votre fille ?...
Mme DUPLESSIS.
Oui... peut-être que... en leur disant que c'était un beau brin de fille... tenez, tout le portrait que M. le marquis faisait de cette dame...
CAMILLE
Madame Torcy...
M-»» DUPLESSIS
Pourquoi pas... car le monstre a changé de nom pour me la cacher, ma Cornéliel..
CAMILLE
Vraiment!... Et vous ne l'avez jamais revue?
mme DUPLESSIS.
Jamais, au grand jamais!
CAMILLE, à sa mère.
Cela est extraordinaire... et ce que nous a dit M. Gagerot de la retraite où M. Torcy lient sa femme...
LA COMTESSE
Comment? tu pourrais supposer que la fille de cette femme...
M"» DUPLESSIS
Elle était si belle , ma Cornélie... Ah ! gueux de rapin, va!... peut-on déchirer ainsi un cœur de mère âgée ?
CAMILLE
Il suffit , madame Duplessis... je verrai... j'interrogerai .. Mais enfin, vous le connaissez, votre gendre?
M"» DUPLESSIS
Eh! non, madame... voilà l'infamie!... On m'a subtilisé mon consentement pendant une absence que j'ai faite... et puis... bernique... A mon retour, plus de Dubois... plus de Cornélie... C'est de là que j'ai été obligée de me retirer ù Monlbéiiard, mon pays... abandonnée avec une somme de dix mille francs, que le notaire m'a dit que l'on ne me paierait que là... et c'est peu après que je suis entrée au service de M™* de Soubiran... où ces dames ont eu la bonté...
CAMILLE
Ainsi, vous habitiez Paris autrefois?...
M"" DUPLESSIS
Oui, madame.
CAMILLE
Et votre fille?
M"« DUPLESSIS
Ohl si elle ne s'était pas enmourachéi de son méchant rapiu... c'est celle-là qui en aurait pu épouser des ducs et dos marquis!...
LA COMTESSE
Assez... assez... (Elle fait signe à M^»* Duplestisde
se retirer.) Camille, tu oublies que tu te compromets par de pareilles questions...
CAMILLE
Vous avez raison... c'est à ces messieurs qu'il faut m'adresser.
M""» DUPLESSIS
Ahl voilà précisément quelqu'un qui arrive.
LA COMTESSE
Allez... Et toi, Camille, sois prudente.