‹ [Magasin théâtralChapitre 598 sur 1545 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

TORCY, puis PAUL.

,Jt^ TORCY, seul.

Ce bon Lavignanl il m'aime, lui!... On rit de ces cœurs-là, et, sous sa ridicule enveloppe, il y a plus de générosilé que parmi ceux qui se vantent de leurs senlimcns... 11 ne lui faut pas la raison de mes chagrins, à lui... Il ne me demande pas si je suis un fou de souffrir... Tu souffres, me dil-il, me voilà... Tu veux te battre, me voilà... Ah! si je dois mourir, je lui dirai mon secret. (On frappe.) Entrez! (La perle s'ouvre.) Paul Verraond !... enfin ! I

PAUt.

Pardon, monsieur, je croyais M. Lavignan ici...

TORCY

Il va revenir, monsieur ; veuillez donc entrer.

PAUL, s'avançant.

Monsieur Torcy, on m'a dit que mon ami Lavignau était venu plusieurs fois chez moi ce malin, et je m'empressais...

TORCY, rintcrrompant.

Vous a-t-on dit, monsieur, que Lavignan ne s'est pas rendu seul chez vous ?

PAUL

Et quoi , monsieur Torcy, vous vous seriez donné la peine...

TORCY, rinterrompant.

Arrivons, monsieur, au but de ma visite.

PAUL

Soit! monsieur, je vous écoute. (A part.) Est-ce qu'Eulalie aurait parlé?..,

TOIiCY.

Hier au soir, monsieur, vous vous êtes présenté chez moi?

PAUL, à part.

Plus de doute! (Haut.) En effet, monsieur...

TORCY

On vous a dit que j'étais absent, vous le saviez, et vous avez demandé IVI™" Torcy...

PAUL

Vous files bien informé, monsieur.

TORCY

Et malgré son inlcnlion, que l'on vous a communiquée de ne recevoir personne, vous avez persisU'-, vous avez été reru, et vous Clés resté long-temps avec elle.

PAUL

Je vois que l'on ne vous a rien laissé ignorer.

TORCY

C'est possible, monsieur; cependant, c'est de vous-même que je désire apprendre le molif de votre visite... ^

PAUL

De moi-minir ?

TORCY

De vous, monsieur; cl j'espère que vous ne refuserez pas de me répondre?

PAUL

Mais en vérité, monsieur... (A part.) Voyons jusqu'à quel point il est instruit...

TORCY

Vous connaissiez M"* Torcy, monsieur?

PAUL, légèrement.

Riais, assez ordinairement, lorsqu'on se présente chez une femme...

TORCY, répéUnt.

Vous connaissiez Mme Torcy?

PAUL, après avoir hésité.

Puisque vous le voulez...

TORCY

Alors vous pourrez sans doule me dire...

PAUL, l'interrompant.

Rien, monsieur.

TORCY

Rien?

PAUL

Absolument rieni

TORCY

Je vous comprends...

PAUL

Je ne le pense pas.

TORCY

Mais alors...

PAUL

Si M"^ Torcy vous a tout dit, je n'ai rien à vous apprendre...

TORCY

Monsieur !,..

PAUL

Si, au contraire, elle a refusé de parler, c'est qu'elle a ses motifs pour garderie silence! El vous savez trop bien ce que l'on doit aux femmes... et moi ce que l'on doit aux maris...

TORCY, avec coltre.

Monsieur Vermond !...

PAUL, i part.

Il ne sait rien... c'est de la jalousie... à la bonne heure... (Haut.) Et vous comprenez que je ne me permettrai pas de dire ce qu'on a voulu vous cacher...

TORCY, (le même.

Oh! vous parlerez, vous!

PAUL

Me croyez-vous moins discret qu'une femme?

TORCY

Misérable!...

PAUL

r:pargnez-vous ces grands mois qui ne m'arractieronl pas une parole.

TORCY

Il sufTii !... Le lieu de noire rendez-vous?

PAUL

De notre rendez-vous?

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