‹ [Magasin théâtralChapitre 609 sur 1545 · MÈRE BOIVIN · texte numérisé non relu

MÈRE BOIVIN

Si vous remuez toujours, monsieur Marli», vous allez vous faire couper quèque chose. CHAMPUIS.

Coupez-y donc la langue, raamc Hoivin... ça l'impêchera d' dir« des faussetés...

LLS PAYSANS,

MMor, M relerant, la figure toute barbouillée it savon.

Ah çal dites donc, les aul's, c'est-y pour aujourd'hui mon tour?

MÈRB BOivm.

T'nez, v'Ià Jean Brigot qui s'impatiente après moi... (A Brigot.) Tout à l'heure, berger.. .j'achève une pralique.

BRIGOT

Dépêchez-vous, mame Boivin... v'Ià mou savon qui chesse.

BOIViff.

Frotte toujours, en attendant I...

BRIGOT

Merci !... c'est point tout commode d* frotter... avec r ruisseau qui vous surt d' plat 5 barbe... BOIVIX, reprenant Cliainpuis.

Allons, vivement... y a d'autres mentons qui attendent.

BRIGOT

Quoi que vous av( z duuc tous le} deux & vous osticott-r comme ça?...

MARTIN

Tiens, Jean Brigot, j' vas t' conter l'affaire...

CUAMPUIS.

J' vas t' dire le fait.

BRIGOT

A chacun son tour...

CHAHPUIS.

C'est juste...

UARTltf.

C'est vrai...

CBAMPUIS.

Va, Martin... Je causerai après toi.

MiRTIlV.

Non, parle, Champuis, je jaserai ensuite.

CUAMPUIS.

Non, toi...

MARTIIT.

Non, toi...

(ChAinpuis et Martin parlant ensemble et très vite.)

/ CHAMPUIS.

EhbenI c'est Martin qui, en rabourantson champ, s'est avisé, depuis quèque lemps, d' pousser une pointe sur moi, si bien qu'à présent ses blés poussent dans mes pommes de terre, c' qui fait qu' y prétend récolter les pommes de terre et les blés.

MARTIN

Eh bcn! c'est Champuis qui s' a imaginé, d'puis quèque temps, que son champ n'était pas assez grand ; si bien qu'à présent ses pommes de terre poussent dans mes blés, et qu* Y veut récolter à la fois les blés et les pommes de terre.

CRAMPtis, allant se laver au ruisseau.

Y es-tu, ë c't' heure?

MARTIIV, (le mOme.

AS'Ia comprit?

Je suis juste aussi avancé qu'avant.

MÈRE BOIVIR.

Allons, allons, la pai<!...

CHAMPUIS.

Ehbenf soit, la paix!...

MARTIN

Oui, la paix... Nous n'aurons plus da querelles... J* le ferai uu bon procès...

CHAMPUIS.

J' l'écrirai par huissier...

BOIVIN

Bah ! bah! les procès, ça n'est bon qu'à riiiaer le monde... Vaut mieux s'arranger à l.'amiab!... A vot' place j' nommerions d' s'urbilres... MARTIN et CHAMPUIS.

Des arbitres I...

BOIVIN

Y prononceront entre vous...

MARTIN

Et celui d' nous deux qu' aura tort...

CHAMPUIS.

Aura tort !... Tope 1 j'y consens î

MARTIN

Accepté I

CBAMPUIS.

Tiens ! justement, v'Ià M. Vaudoyer qui vient par ici avec I' père Houdard... les deux plus forts richards du canton, faut les prendre pour juges du dilTércnd.

MARTIN

Ça val... Moi, j' choisis 1' père Houdard, le fermier...

BRIGOT

Mon bourgeois... C'est 1* plus honnête homme du pays.

CBAMPUIS.

Et moi, m'sieur Vaudoyer, 1' nourrisseur.

BRIGOT

Ah! celui-là... c'est l' plus riche, mais v'Ià tout.

OO000«0000OO000<l0OOO0OO0000«aO000OO9O0«O00OO0000O0C

Page 1