MÈRE BOIVIN
Si vous remuez toujours, monsieur Marli», vous allez vous faire couper quèque chose. CHAMPUIS.
Coupez-y donc la langue, raamc Hoivin... ça l'impêchera d' dir« des faussetés...
LLS PAYSANS,
MMor, M relerant, la figure toute barbouillée it savon.
Ah çal dites donc, les aul's, c'est-y pour aujourd'hui mon tour?
MÈRB BOivm.
T'nez, v'Ià Jean Brigot qui s'impatiente après moi... (A Brigot.) Tout à l'heure, berger.. .j'achève une pralique.
BRIGOT
Dépêchez-vous, mame Boivin... v'Ià mou savon qui chesse.
BOIViff.
Frotte toujours, en attendant I...
BRIGOT
Merci !... c'est point tout commode d* frotter... avec r ruisseau qui vous surt d' plat 5 barbe... BOIVIX, reprenant Cliainpuis.
Allons, vivement... y a d'autres mentons qui attendent.
BRIGOT
Quoi que vous av( z duuc tous le} deux & vous osticott-r comme ça?...
MARTIN
Tiens, Jean Brigot, j' vas t' conter l'affaire...
CUAMPUIS.
J' vas t' dire le fait.
BRIGOT
A chacun son tour...
CHAHPUIS.
C'est juste...
UARTltf.
C'est vrai...
CBAMPUIS.
Va, Martin... Je causerai après toi.
MiRTIlV.
Non, parle, Champuis, je jaserai ensuite.
CUAMPUIS.
Non, toi...
MARTIIT.
Non, toi...
(ChAinpuis et Martin parlant ensemble et très vite.)
/ CHAMPUIS.
EhbenI c'est Martin qui, en rabourantson champ, s'est avisé, depuis quèque lemps, d' pousser une pointe sur moi, si bien qu'à présent ses blés poussent dans mes pommes de terre, c' qui fait qu' y prétend récolter les pommes de terre et les blés.
MARTIN
Eh bcn! c'est Champuis qui s' a imaginé, d'puis quèque temps, que son champ n'était pas assez grand ; si bien qu'à présent ses pommes de terre poussent dans mes blés, et qu* Y veut récolter à la fois les blés et les pommes de terre.
CRAMPtis, allant se laver au ruisseau.
Y es-tu, ë c't' heure?
MARTIIV, (le mOme.
AS'Ia comprit?
Je suis juste aussi avancé qu'avant.
MÈRE BOIVIR.
Allons, allons, la pai<!...
CHAMPUIS.
Ehbenf soit, la paix!...
MARTIN
Oui, la paix... Nous n'aurons plus da querelles... J* le ferai uu bon procès...
CHAMPUIS.
J' l'écrirai par huissier...
BOIVIN
Bah ! bah! les procès, ça n'est bon qu'à riiiaer le monde... Vaut mieux s'arranger à l.'amiab!... A vot' place j' nommerions d' s'urbilres... MARTIN et CHAMPUIS.
Des arbitres I...
BOIVIN
Y prononceront entre vous...
MARTIN
Et celui d' nous deux qu' aura tort...
CHAMPUIS.
Aura tort !... Tope 1 j'y consens î
MARTIN
Accepté I
CBAMPUIS.
Tiens ! justement, v'Ià M. Vaudoyer qui vient par ici avec I' père Houdard... les deux plus forts richards du canton, faut les prendre pour juges du dilTércnd.
MARTIN
Ça val... Moi, j' choisis 1' père Houdard, le fermier...
BRIGOT
Mon bourgeois... C'est 1* plus honnête homme du pays.
CBAMPUIS.
Et moi, m'sieur Vaudoyer, 1' nourrisseur.
BRIGOT
Ah! celui-là... c'est l' plus riche, mais v'Ià tout.
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