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ACTE I, I" TABLKÂU, SCÈNK II

pctitei choses à vous dire touchant ces bonnes bêtes et touchant d'autres itou...

(Il regarde Vaudoyer.) BOCDABO.

Eh bien ! plus tard, mon garçon ; plus tard.

CUAMPUIS, s'approclaant.

Bonjour , ni 'sieur Vaudoyer ; et vot' santé est bonne?

VAUDOYER

Ahl c'est toi, Cbampuis!...

MARTlîï.

Salut, m'sieur Houdard.

fiOUDAnO.

Bonjour, Martin ; bonjour.

CHAMPLIS.

Pardon, excuse, si j' vous dérangeons...

MA «TIN

J'aurionsun petit service à vous demander...

Un service!... Allons, parle, mon garçon...

VAUDOYER

Un service !... Je suis très pressé, je n'ai pas le temps.

CHAMPIJIS.

Ohl c'est moins que rien, monsieur Vaudoyer, et tout gros miilionnuire que vous êtes... ça ne vous coûtera pas un ilard.

VAUDOYER, souriant.

Millionnaire, mui!... Allons dunci

CHAMPUIS.

Mais.dtme!... puisqu'on ditqu' vous avez plus de quatre cent mille francs...

HOUDARD

C'est Juste, alors...

VAUDOYER

Enfin, parle...

CHAMPUIS.

Pour lors, monsieur Vaudoyer, c'est par rapport à une dilTiculté qui s'a enlevée entre Martin et moi.

MARTIN

Si bien que j' venons vous prier d'nous sarvir d'arbitres...

VAUDOYER et BOUDARD.

iNous!...

cil A M PUS.

Quoi que vous dites d'eu, m'sieur Vaudoyer?

VAUDOYER

Je dis que vous avez tort tous les deux.

MARTI.\ ei CBAMPUIS.

Tous les deux ?

VAUDOYER

Oui, tort de passer vot' temps en querelles, en conlcslalions... F,sl-ce qu'au lieu d'vous faire la guerre les uns aux autres, vous ne devriez pas plutôt vous rapprocher... vous entendre... vous unir contre les riches ?... C'est en s'unissaut qu'on

devient fort... c'est en faisant cause commune que les paysans deviennent les maîtres d'un pays! CBAMPUIS.

C'est possible, m'sieur Vaudoyer; nrtiiles trois

sillons?...

MARTIN

Voyons, vous, m'sieur Houdard, qu êtes un ti honnête homme, quoi que vous en pensez?

HUUDARD.

V.b ben ! nies cnfan?, y aurait peut-être un moyen... qui concilierait tout...

MARTIN et CHAMPUIS.

Lequel î lequel ?

BOUDARD

Ce serait... ce serait de vous reculer un brin, chacun de son côté...

CHAMPUIS.

Heinl... d'un demi-sillon?

BOUDARD

Plus que ça...

CHAMPUIS, éionné.

D'un sillon tont entier ?

BOUliARD.

Plus que ça encore...

CHAMPUIS, ébahi.

Ah bah !... et d' combeu donc?

BOUDARD

Mais, dame!... à peu près chacun d'untkuùarpeul...

CHAMPUIS.

Vous voulu plaisanter I...

MARTIN

D'un demi-arpent !...

BOUDARD

Oui.,. carenGn, si j'ai bonne mémoire, autrefois vos champs n'étaient pas mitoyens... H y avait entre eux deux... un terrain...

CHAMPUIS.

Un bout de terrain, vous croyez?...

MARTIN

Quèque petit morceau d'iarre...

Non, non, mieux que ça... un bel et bon arpent de terre, appartenant au château de Luxeuil.

CHAMPUIS.

Auchùtcau... Connais pas.

MARTIN

Un arpent aux Luxeuil!... J'ai jamais vu ça .. Où diable qu'y peut être allé, c'iarpcnt-là ?... BOUDARD.

Eh ben!... si je n'craignais pas d'vous fâcher... j' vous le dirais... J'vous rappellerais que chaque fuis qu'y labourait son champ, Champuis, par mégardesans doute, poussait un peu sa charrue sur la droite... tandis que Martin qu'était situé de l'autre côté, par mégarde aussi ben certainement... poussait un peu la sienne snr la gauche.. Un sillon d'un côté, un sillon deraulrc...

LES PAYSANS

à ia fin de lu joui nco, ra faisait deux sillons de moins dans le ckamp de lu comlessc...

CIIAMPUIS.

Là, quand je le disais que je tu mordais, Martin.

MARTIN

Quand je te disais que tu mangeais, Champnis '.

IIOUDARD.

Plus tard, iionvcau labourage... nouvelles distractions de Chaiiipuis et de Martin... en sorte qu'au bout de quelque temps Martin et Cliampuis, en'lravaillant le malin, pouvaient dcjfi se donner une poignée de main par dessus l'arpent de Mme la comtesse, et sans sortir de chez eux...

BRICOT.

Excusez ! y z'avaient le bras long.

TOUS

Ali ! oui... ah! oui...

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