SCÈNE PREMIÈRE
FRÉDÉRIC, JACQUES, LAZARE. PIER- RE , GROSKILLON , NIM , FLORA, ZÉ- TULB..E, ROSINli, Banqujstes, Marchânos, Peuple, etc.
Au lever du ridpan, le théâtre est couvert de monde sur toutes Ifs parades, dfs pailUs-^ps, d^s bannuist"', la grosse-caisse. Ips rornets à pistons, ftn. Dans la foule les cris des marchands, les cris du peuple
UN banquiste. Entrez, entrez; cette repn'sentaiion est la dernière avant le repos accordé aux ai listes... il n'en coûte que deux sous par personne... entrez, entn-zl
tN HOM.ME, à un gros monsieur qu'il pèse dnns une balance. Trois cents comme le bœuf gras.
LE monsieur. Avec l'Amour.
L'homme. Non, comme le bœuf au naturel.
UN Homme , essayant sa force en tirant une mécanique. Huin ! hum!
CEUX QUI l'entourent. Courage ! plus fortl L'habit du Monùeor se déchire dans le dos. Rire général.
la scène est couverte de marchands forains, de jeux, acteur, un cabaret.
JACQUES, à Frédéric. Eh bien! Monsieur Frédéric, que vous semble des plaisirs de la banlieue?
frêdékic, avec gaieté. Udih vous voyez que JH commence à los partager... Cette fête champêire , la gaie'é de ces biaves gens, ce tableau si nouveau pour moi...
NiNi. Et ma conversation spitituelle...
Monsieur Frédéric s'amuse beaucoup,
LAZARE , à Jacques , remontant avec lui. En vérité, iNini fait des miracles.
NINI, J'en suis bien capable!
LAZARE, bas à Jacques. Tout marche à merveille.
PIERRE, bas. Le jeune homme ne songe déjà plus à retourner à l'hôtel.
JACQUES, b'is. Et je crois m'être assez habiltment débarrassé du vieux Pascal qui , au ibtàire, allait tout lui dévoiler. [A Frédéric qui redescend la scène.) Ne vous éloignez pas, Frédéric.
NINI, qui a entraîné Frédéric à part.
Soyez gai, tâchez de paraître aimable, et vous savez ce que je vous ai promis.
FHÉDÉnic. Cléiiicnce serait ici?...
MM. Au château de monsieur de Clamarins, et celte petite porte donne dans son parc.
FRÉDÉRIC. Mais pourquoi tarder?...
MM. Ahî pourquoi, pourquoi!... {Apercevant Pierre, qui s est approché.) Silence , on nous écoute.
UN HOMME. Place, place pour la course en sac!...
TOUS. La course en sac!...
MM. Tifus , justement Groseillon dort en être... Alteiuionî
Tout If monde sp range. On voit entrer un paysan enfermé dans un sac jusqu'à la tète; il e-t ^ulvi «le rîroseillon affuhk- de la niArne manière et qui est également suivi d'autres individus en sac.
PREMIER PAYSAN. Tu n' m'attrap'ras [35, IVicolas!
GROSEILLON. Jc t'attraperai, grand bêta.
[Groseillon passe devant le paysan et tombe sur lui. Tousceiixqui suivaient tombent sur le paysan. — Hire général.) Mil sairisti! que c'est l)êiel... mais je suis trop pressé... qu'on me débarrasse de tous ces sacs.
Musique dans la coulisse.
ZÉTULCÉE. La musique!
FLORA. Vive Musard!
UN HOMME. En place pour la contredanse!
GROSEILLON. La Contredanse... j'en suis... (.4 une paysanne assise à l'avant-scène, lui pré'^cnlanl son bras.) Madenjoiselle veut-elle accepter?...
LA PAYSANNE, le regardant. Non, monsieur, papa n' veut pas. [A part.) Il est trop laid!
GROSEILLON. Ah! c'pst une raison.
UN JEUNE HOMME , à la même paysanne.
rdademoiselle veut-elle me faire l'boiineur...
LA PAYSANNE, le regardant. Avec plaisir, iVIon.sieur. .. {A part.) Il est gentil celui-là...
Tout le monde va pour sortir en galopant.
GROSEILLON. Tiens I son papa qui ne voulait pas.
Ofiontnd le tambour; tout le monde se rassemble au foni et revi-ril en scène en accompagnant le tambour qui vient lire un papier.
LE TAMROUR, opr's nn roulement. Attention! {Se dérouvrant.) « l'ar permission de » mnnsioiir le niaiie , il est fait à .savoir aux lia- » l)i;antsilcGrenellequ'à l'occasion de la fêle » de la comimnie, non- seulcineut divers jeux » ont été établis sur la place publique, tels n que jeux de quilles, jeux de bague, jeu du ). baquet et niêuic j'eu d'oie...
GROSEILLON. Allons, allous, monsieur le maire a pensé à tout le monde...
LE TAMROUR. " Mais encore, qu'anjourn d'hui tt pour cette fois seuiemiut, on n \trra ce (|ir«Mi na j iii.iih »u à Grenelle , 0 un mal de Cocagne... .
lES HABiiAMS. Dn mât de Cocagne?. .. '
LE TAMROUR. « Par Ordre supérieur, les dames ne pourront pas y monter. »
GROSEILLON. Et pourquoi cette exclusion?. . .
LE TAMBOUR. Ce n'est pas sur le papier...
GROSEILLON. Je Saisis!...
LES HABITANTS. Vive monsieur le maire!
Nouveau roulement de tambour.
UNE VOIX. Au mât de Cocagne!...
TOUS. Au mât de Cocagne.
Sortie gencMle par la gauche.
FRÉDÉRIC. Eh bien! nous voilà seuls...
pouvons-nous à pré.'^ent...
NINI. O'Mnd nous aurons éloigné Jacques et srs deux frères.
FRÉ ): uic. Eux! mais pourquoi?.. . ccsont mes amis...
NINI. Eu êtes-vous bien sûr?...
FRÉDÉRIC Qui peut vous faire douter?..,
NINI. C'est qu'ils m'avaient conseillé... ils m'avaient promis...
FRÉDÉRIC. Quoi?
JACQUES, qui est rentré avec ses frères. Eh bien ! vous ne suivez pas la foule.
NINI. Si fait, si fait... je la suis, moi ; c'est monsieur Frédéric qui me relient toujours.
Pii'RRE C'est mal!... c'est d'un égoïste. ..
LAZARE. Que diable! mon cher , il y a temps pour tout ..
JACQUES. Allons rejoindre ces demoiselles.
FRÉDÉRIC Ailonslesieirouver , messieurs!
{A part.) Mais bicntôi je reverrai Clémence!
LAZARE, apercevant Cardaillan qui entre.
Eh ! mais , voici quelqu'un de ma connaissance. Va toujours, je vais te rejoindre tout à l'heure !
FrsdtTic sort avec Nini, Jacqneset Pierre. Pendant \a fin de la scène on a vu (^.ardailian paraître au fond; il est vèiu en gros ouvriir endinianohé, marcb.- leniemi-nt; mais avec toute la gravité allemande et semble observer autour de lui.
CARDAILLAN. Nou, toul le uîonde à la boutique.
UN OUVRIER. Dites donc, bourgeois, laissez-moi à la fête.
CARDAILLAN. Tl donl , ti doiit... nous afons drop d'oufrache...
l'ouvrier. Oli!... bourgeois...
CARDAILLAN. Eh picn ! diafaillez jisqu'à i/ie lièrevl puis fous zérez lipre. ..
l'ouvrier. Merci , Ixur^eois; soyez tranquille, les râteaux, les faux, les pioches, tout cela sera [irèt.
CARDAILLAN. C'cst pieu , allez, betii.
L'ouvrier sort.