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SCÈNE III

Les mêmes, charmoulu, fleur de lys.

CHARMOULU, entrant gaîment. Voilà!... voilà!... Hein!... qu'est-ce qui parle de danser?... Prenez vos cachets!...

TOUS

Vive le père Charmoulu I...

PHOfBus, à part.

Dieu!... la charmante Tubéreuse!...

COARMOULU, bas.

V'Ià r jobard de Parisien!... Atlention, Toi» non I... c'est aujourd'hui que je vas conclure ton mariage!...

FLEUR DB LTS, bas.

Aujourd'hui !...

CHARMOULU.

Tu vas voir.

PHOEBUS, s'approchant avec galanterie de Fleur de Lys.

MademoiselIe,voulez-vous me faire l'honneur?. . .

FLEUR DE LYS

Quoi t'est-c' que vous dites, m'sieur?...

PHOEBUS, à part.

Elle ne comprend pas le langage des salons !.. parlons-lui celui des prairies!... (Prenant l'air niais.) Eh!... ch!... eh!... mamselle!... voulczvous-t-y hien danser avec mé?...

FLEUR DE LYS, riant bêtement.

Eb!eh! ehl... v's êtes bcn honnête, m'sieur...

CHARMOULU.

Invitez vos dames...

Invitons nos dames.

(Vfouvemeni général d'invitation. — Charmoulu exécute sur son violon une valse, et tout en jouant monte sur un tonneau.)

CriARMOULU.

Hé! Brigot, à nous deux la chanson des Paysans!...

TOUS

La chanson ! oui, la chanson!

DRIGOT.

C'est ça, on dansrra sur le refrain.

CHAISMOULU.

Allemion! va z'cn ni, mon bonhomme. J'y suis... Tiens, v'ià ton accord.

BRIGOT

Attention !... (Il chante.)

AIR de M. Artat.

!.«« payons sont tous de bien bons drilles.

Pour le travail toujours présens; Y X' aiin' Icux champs, Icus bétc» et Icui ramilles.

Ni*' à j.imais le» paysans 1

rasBiEi coDPLir.

Sans nous faudrait que le monde périsse. Pour lui nous s'inons.

Pour lui nous vendangeons.

Du genre humain c'est nous qu'est la nourrice i Not' blé r nourrit El not' vin 1' réjouit.

TOUS

Les paysans sont, etc.

(On danse sur cette reprise et sur les suivantes.)

DIVIISHB COUPLIT.

De s' fair> chérir y connaît la recette ; A ses amours, Sans fair' des beaux discours, Ben tendrement y leux glisse en caclietie Des tap's dans 1' dos.

Ou ben des coups d' sabots.

TOUS

Les paysans sont, etc.

TIOISIÈMB COUPLIT.

Ces vétérans que la France salue.

Ces maréchaux, Gloire de nos drapeaux, Combien d'entre eux, partis de la charrue, Avant quinze ans N'étaient qu' des paysans !

TOUS

Les paysans sont, etc.

(Les paysans exécutent une espèce de bourrée. — > Pliœbus, qui n'y comprend rien, est poussé de tou» côtés par les paysans. — On lui marche sur ks pieds, etc., etc.)

PHœBUS, boitant.

Voilà des danses !... Ah ! je peux dire que j'en ai de l'agrément dans ma ferme !... (Aux paysans.) Ah ça ! maintenant que nous sommes récréés... au travail!

CRAiN d'Épi, bas, à Brigot.

IVIinute... A nous deux, Brigot.

BRIGOT, s'approchant et saluant.

Pardon, excuse, bourgeois...

PHOEBUS, impatienté.

Hein!... quoi encore?... Il me semble qu'il est temps de...

BBIGOT

« Art. 10. Le travailleur doit à sa famille le produit de son travail, n

PHOEBUS, se découvrant.

Oui, c'est la pensée du philanthrope... Ensuite?

BRIGOT

Pour lors, boui^eois, si c'était un effet d' vot' part de nous avancer une journée ou deux sur not' quinzaine...

PHOEBUS, contrarié.

Comment ! comment!... un jour ou deux?...

BRIGOT

Pour nos familles, bourgeois...

GRAIN d'épi et DRIGOT, d'un ton lamentable. Pour nos pauv' familles... s'il vous plaît, bourgeois.

PnOEDUS.

Ils m'attcndrisscni.

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