SCÈNE II
HOUDARD, VAUDOYER, CHARMOULU.
YACDOYEB.
Ma porte forcée !...
cnARMo'cLn.
Par des voleurs peut-être...
HOUDARD
Du bruit! lui, sans doute... (Il se retourne, et sa lanterne éclaire Vaudoyer.) Ah ! Vaudoyer ! (Vaudoyer s'élance sur Houdard, le saisit et l'entraîne au milieu du théâtre.)
LIS PiYSl?t».
VAUDOYER
Un homme !... Que fais-tu ici?... qui es-tu?... Parle... réponds... ou je le brise la têie!... CHARUOULU, qui a pris la lanterne et qui en dirige la lumière sur la figure d'Houdard.
Tiens ! c'est le père Houdard...
VAUDOYER
Houdard!...
CHARMOULU.
Il aura flairé 1' magot !... nous sommes volés !
HOUDARD
Seigneur, rnon Dieu !... ayant pitié de moi! ... VAUDOYER, lâchant Houdard, mais lui barrant le passage.
Houdard l'honnête homme!... Houdard que l'on cite dans le pays comme un modèle de probité... Houdard force des portes la nuit!». CHARMOULU, ù Houdard.
Nous sommes donc un filou!... Voyez un peu comme ça trompe, les réputations d'aujourd'hui !...
HOUDARD, vivement.
Ah ! je ne voulais pas vous voler... je vous le jure...
Eh bien ! alors, comment expliques-tu ta pré« sence ici ?...
HOUDARD, balbutiant.
Mais... je venais... je voulais...
VAUDOYER
Oh! n'espère pas me tromper!... Depuis long-temps tu m'espionnes...
HOUDARD
Moi !...
VAUDOYER
Je le sais !... depuis long-temps aussi je te soupçonnais... et maintenant je te trouve dans celle cabane... Oh! c'est que lu as découvert le
LES PAYSANS
«ecrcl que je cachais Ici I Eh bien ! quel que soit ton but... que tu sois venu pour me voler ou pour me perdre... celte démarche t'aura été Tatale !...
liouuAnD, il Vaiuloyer qui va repousser la porte du fond.
Miséricorde!... Ohl... non... non!... vous ne me tuerez pas, Vaudoyer... Vous voulez m'cffrayer pour me forcer au silenee...
VAUDOYER
Oh ! oui... je saurai l'y forcer !...
CHABMOULU.
Diable! je suis fâché d'être venu !...
(Il remonte et redescend auprès de Vaudoyer.)
BOUOArtD.
Écoute, Vaudoyer, rends-moi à ma femme, à mes enfans, à ces pauvres enfans qui n'ont que moi pour les élever et les nourrir! Vaudoyer, fais-moi grâce!... et je te promets de garder le silence... Oui... je le jure... je ne dirai rien!...
VAUDOYER
Ta ne diras rien!... (S'adressant à Charmoulu.) Tu vois bien qu'il sait tout! Allons... il faut en finir !...
(Il saisit violemment Houdard, qui tombe à genoux.) UOUDARD.
Grâce!... grâce!...
CUARMOULU.
Arrête!... Faire couler du sang... ça nous porterait malheur...
VAUDOYER
Veux-tu le laisser s'enfuir?... veux-tu qu'il nous dénonce?...
CHARIWOULD.
S'enfuir?... (Regardant autour de lui et allant prendre une corde.) Sois tranquille... y n' s'enfuira pas... j'en réponds, n'aie pas peur... (Il attache lloudard au poteau , après l'avoir fait asseoir sur une pierre qni se trouve au bas.) Tu vois... y n' s'enfuira pas...
UOUDARD,
Oh! sauve-moi!... sauve-moi, Charmoulu I...
COARMOULU, a Vaudoyer.
Voyons... achetons pluiôt son silence... quand ça devrait cire... sur ma part !...
nouDARD, avec force.
Au secours! au secours!...
VAUDOYER
IHais ses cris vont nous perdre !...
CUARMOULU.
Ses cris?... (Tlrnnt son mouchoir.) Eh bei)... y ne criera pas! .. (Bâillonnant Houdard.) Y n' criera pas!... IMninlenant, lu ne crains plus rien... trouvons un moyen...
VAUDOYER
."Mais, malheureux... faudra-l-il vivre élcrnelcmenl dans sa diprndance 7...
CHARMOULU.
Mais non...
VAUDOYER
Trembler à la moindre menace... p&Iir devant un de ses regards?...
CHARMOULU.
Ah! diable!...
VAUDOYER
Là, sous celte pierre, va prendre le coffret...
CHARMOULU, en passant.
Le coffret...
Moi, je me charge de lui !...
(Il marche vers lloudard.) CHARMOULU, Vivement et à voix basse.
Arrête!...
VAUDOYER
Qu'ya-t-il?...
CBARUOULU.
On a marché!...
VAUDOYBB.
Attends, je vais voir...
(En ce moment , la porte s'ouvre lentement et Dominique paraît.)