‹ [Magasin théâtralChapitre 692 sur 1545 · SCÈNE YI · texte numérisé non relu

SCÈNE YI

Les Mêmes, la COMTESSE, ROUL, Domestiques, accourus au bruit, VALE^'TINE, puis DOMINIQUE, HOUDARD, LUCIEN, MAR- GUERITE.

VALENTINE

Venez-vous encore pour me conlraindre à être votre femme?... Ce n'est plus de ma mère... ce n'est plus de ceux qui sont là, qu'il vous faut ob' tenir ma main!... Assassin de mon père, vien donc... viens lui demander de bénir notre unloî--*

VAUDOYER

Oh! perdu! perdu!...

CHARMOULU, à pari.

Oh! je le disais bien... la justice du ciel !...

VAUDOYER

Oh! maintenant, à tout prix, j'entrerai... (Il s'élance vers Valeniine.) CHARMOULU.

Nonl... non !...

VALENTINE

Ma mère!... ma mère!...

LA COMTESSE, paraissant avec son flis, en même temps que des domestiques et des paysans qui paraissent aux autres portes, Valeniine !... là... là...

VALENTINE, allant auprès de sa mère.

Éloignez-vous de lui !... éloigne-toi de cet

homme, ma mère, il est encore couvert du sang

de ton époux !...

LA COMTESSE

Parle, explique-toi, Valeniine?...

VALENTINE

J'étais allée demander à mon père du courage pour accomplir jusqu'au bout le sacrifice... Agenouillée sur le prie-dieu, je le suppliais de m'éclairer, je le suppliais de me dire si, pour vous, je devais me vendre à ce Vaudoyer ; tout à coup une empreinte de sang frappe mes regards... je m'approche de plus près... je suis cette Irace sanglante... mon père m'avait répondu !.,.

(Raoul entre dans la cliambre mortuaire.]

Comment?...'

VALENTINE

Allez lire cette réponse tracée sur la muraille. Oui, mon père m'a répondu : Vaudoyer est mon assassin !...

TOUS

Son assassin !...

RAOUL, reparaissant.

Oui, son assassin !

VAUDOYER

Eh ; qui me dit que ces mots n'ont pas été tracés par la main d'un ennemi?... Il faut d'aulres preuves pour condamner un iiomme!...

Ll S FAISANS.

CHARHODLO.

Regarde, Vaudoyer!...

(Il désigne Dominique et Houriard qui se montrent alors. — Dominique est soutenu par Marguerite et Lucien.)

VAUDOYER

Boudard!... Dominique!...

(Dominique descend en scène et s'approche de Vaudoyer.) DOMINIQUE.

D'autres preuves, as-lu dit?... Eh bien! nie' ras-lu encore, Vaudoyer?... TAUDOYER, se retournant vers Charmoulu et prêt à s'élancer sur lui.

Ah! misérable! lu as eu peur...

CBARHOULU, allant à Dominique.

Non 1... je me suis repenti...

DOMINIQUE

Et le ciel le pardonnera... (Montrant Vaudoyer.) Mais lui, le meurtrier de Gaston, il nous doit tout |e sang qu'il a versé, toutes les larmes qu'il m'a fait répandre !...

VAUDOYER

Vous ayez flétri mon père... moi, j'ai frappé le vôtre, et je consommerai la ruine de sa famille, comme il a voulu le déshonneur de la mienne!...

(Il sort.— Raoul et les autres font un mouvement vers lui.)

DOMINIQUE

Laissez!., laissez!... C(<t homme appartient à la joslice, et la justice l'attend aux portes du château...

LA C0.UTbSSE.

Mais... qui donc êtes- vous ■'...

VALENT1NE

Ma mère! c'est le pauvre accusé... c'est leficre de votre époux, qui a soulTerl cl pleuré depuis quinze années!...

RAOUL

Lui!...

Vous!... vous... monsieur !... Comment pourrons-nous racheter lanl de douleurs?...

DOMINIQUE , montrant Marguerite et Lucien qui viennent d'entrer.

Aimez ma famille, madame la comtesse!

LA COMTESSE

Oh! oui, oui!...

DOMINIQUE, prenant par la main Houdard qui se tient caché et qui pleure.

Toute ma famille, madame, et celui-là en est aussi.

BOUDARD

Ah! monseigneur!... monseigneur!...

DOMINIQUE

Je me souviens qu'errant et proscrit, j'ai vécu de l'aumône de nos humbles paysan.*... je me souviens que je dois une récompense à ceux qui m'ont tendu la main... (À Charmoulu.) un pardon à ceux qui se repentent...

CHARMOULU.

Merci, monsieur, le couite, merci! el moi, vieux pécheur repentant, j' ferai danser les marié.'...

FIN

Paris. — Imprimrric de Boulé, rue Goqlléron, 3.

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