SCÈNE Vï
Les mêmes , CLÉMENCE.
FRÉDÉRIC. Eh quoi ! lorsque je vous croyais à Paris , chez monsieur de Clamarins. ..
CLÉMENCE. Ah ! monsieur Frédéric, pourquoi m'a-t-on fait quitter Toulouse oui j'étais si tranquille, si heureuse...
FRÉDÉRIC. Mais votre oncle qui est si bon...
CLÉMENCE. Oh î ce n'est pas lui qu'il faut accuser...
NINI. N'accusez personne, et profitez de ce moment pour vous dire ce que les amoureux ont toujours tant de plaisir à se répéter... Allez, allez, n'ayez pas peur de moi, je sais ce que c'est ; d'ailleurs, je me mt^ls en observation... quand je crierai : qui vive? sauvez- vous...
Elle remonte vers le fond.
FRÉDÉRIC. Vous, Clémence, vous hi nièce d'un millionnaire... Celte pensée devrait m'éprouvanter, et cependant l'avenir m'apparaît sous de riantes couleurs... quand j'ai quitté la maison de votre oncle , j'ai appris qu'il daignait s'intéresser à moi...
CLÉMENCE. Qui vous a dit cela?...
FRÉDÉRIC. Madame Renaud, dont les trois neveu.\ sont devenus mes amis...
CLÉMENCE. Vos auiis... eux... ohl je ne sais pourquoi mais il y a dans cette liaison subite, dans cette aiïeciion qu'ils vous portent, quelque chose qui m'effraye... Elevés loin d'ici, nous ne connaissons, ni l'un ni l'autre, les dangers de Paris, et malgré moi je tremble, j'ai peur poin- vous. ..
FRÉDÉRIC. L's dangers de Paris!... vous voila coti'.'ue ce pauvre vieilla'd que j'ai rencontré en franchissant la burricre; lui aussi
PARTS ET LA BANLîEUE.
me faisait de noirs pronostics... et à peine y suis-je entré dans celle ville terrible , que je trouve un noble protecteur, une jeune fille dontrâmecompati san'eproti''<j:ei osamonrs, et trois bons arois (|ui veulent b;en ni'iniiier à ces joies, à ces plaisirs que je rêvHis là-bas. . . Pardonnez- moi, Clémence, mais je ne puis partager vos craintes... J'aime Paris où l'on m'a accueilli de toutes parts, où j'ai retrouvé mon bien le plus cher, mon trésor le plus précieux!...
II lui tend la main.
CLÉMENCE. Eh bien! oui, espérons; mon oncle est bon, lui, il ne voudrai, pas en nous séparant me rendre à jamais malheureuse... mais tant qu'il sera enchaîné sous la domination de cette femme...
On eutend au dehors les clameurs de la fête.
NiNl, redescendant. Je ne sais pas ce qui se passe là-bas... mais la danse vient de finir et tout le Qionde s'agite... on peut venir de ce côté, et je crois qu'Userait prudent d'entrer dans ce pavillon.
CLÉMENCE. Entrer au pavillon ! mais...
NlNl. Mais nous sommes «roise, et un têteà-téteà truise, ça n'est pas immoral; d'ailleurs en fait de lête-à-iêle, fiez-vous à moi , je sais ce que c'est... [Nouveau bruit.) Vous entendez, le bruit se rapproche. {Les entraînant.) Venez, venez I...
JACQUES, qui vient d'entrer, s'arrêtant au fond. Clémence î
Sur une musique animée, Clémence, Frédéric et Ntni entrent dans le pavillon.