SCÈNE IX
LÉONA, seule, puis PORNIC.
LEO.NA, suivant d'aliord Georges des yeux.
Pauvre Georges!... je sais la valeur de tes
menaces, — Mais, si je n'ai rien ix craindre de lui.
j'ai tout à redouter de Moutéclain... Il a écrit à son oncle, le duc d'Héricy... Je le sais... c'est donc lui qu'il faut frapper d'abord... Il sera bien forcé de rendre l'honneur à celle qu'il a séduite» et il ne voudra pas, lui, qu'on traîne devant les tribunaux le nom de la femme de son frère... (Remontant la scène, à mi-voix.) Pornic !... Pornicl...
POR^'IC, sortant de dessous le hangar. V'ià, ma'me la comtesse.
LÉONA
Où est la demeure de celle Marguerite qui garde et nourrit l'enfant que M"e d'Estève a caché chez elle.'
rORNIC.
Pas bien loin d'ici... à c'ie vieille métairie aux trois quarts détruite, qu'on appelle maintenant la Closerie des Genêts, au bord du lac, dans un fond où vous passeriez cent fois sans apercevoir la cabane, tant elle est perdue dans les taillis et les genôts...
LÉONA
Tu vas m'y conduire.
PORNIC
Comment, vous voulez y aller?
LÉONA
Oui, je veux être sûre que c'est bien M"e d'Estève qui a porté là cet enfant.
PORNIC
Puisque je vous dis que c'est Marguerite qui me l'a conté, et qu'en conduisant le bétail dans les ajoncs, j'y ai vu entrer dix fois mamselle Lucile.
LÉONA
Et le marquis de Montéclain aussi?
Le marquis aussi.
LÉONA
Ah! viens, viens!... et si tu dis vrai, je te paierai cher cette découverte!... Ah! Georges, Georges, lu m'as menacée , tu m'as insultée... Eh bien! je me vengerai, et nous verrons alors si tu oseras me repousser avec cette insolence!...
(Elle sort précipitamment par In gauche au fond, avec Poruic.)
I'l.\ DU PUEiMIER ACTE.