ACTE II, 11' ÏABLEAL', SCÈNK I
REROLAS.
Du loui, du lout !. . Il viendra les cbercLer; ça lui fera ben plus plaisir.
P0R5IC, paraissant dans le pavillon avec un berceau sous le bras.
Je u'ai rencontré personne... Voyons un peu, avant d'aller plus loin...
(Il regarde autour de lui.) LE GÉNÉRAL.
Ce ne sont pas des armes du nouveau système... mais quand on sait les manier, comme de notre temps... ça lire juste... Tiens , je te fais un pari.
RÉROUAN.
Lequel ?...
LE GÉNÉRAL , se levant avec Kérouan.
Je parierais encore faire passer une balle par le trou de la serruie de cette porte. (Il vise.) PORNiC, dans le pavillon, se rejetant en arrière. Hein?
KÉROUAN
Plaît-il?
LE GÉNÉRAL
Quoi?
KEROUAN,
Il m'a semblé entendre du bruit dans ce pavillon...
LE GÉNÉRAL
Dans le laboratoire de mademoiselle ma fille... que nenni!... personne ne se risquerait à y entrer en son absence... elle ferait un beau vacarme ! Ah ! Kérouan , si ta ferme est bien tenue par Louise , ma maison est diablement bien gouvernée par Lucile.
PORNIC, dans le pavillon.
Impossible d'aller plus loin... Ma foi, laissonsle ici... il en arrivera ce que le bon Dieu voudra. (Il pose le berceau sur une table, referme la porte et disparait.) KÉROUAN, à lui-même.
Que diable, je ne rêve pas, et...
LOUIS, rentrant uu plateau à la main.
Voilà le café...
LE GÉNÉRAL
Le café ! le café !... Allons, Kérouan, à nous deux !... (Ils se rasseoient à lauble. — A Louis qui verse.) Va donc, Louis, la tasse pleine et le bain de pied... Et l'eau-de-vie?... Tu as oublié l'eaude-vie, maladroit?...
LOUIS
Ah! pour ça. Monsieur... il n'y en a pas... parole d'honneur I
LE GÉNÉRAL
Est-ce que ça va recommencer , mille tonnerres!.,.
KÉROUAN
Voyons, ne te fâche pas, Simon... Allons, Louis, sois bon enfant,., je ne le dirai pas à mamsellt Lucile...
LA CLDsKRIS D(j I^E>'KTS.
Avec ça que mademoiselle ne va pas vous trouver là... Je viens de l'apercevoir du bout de la terrasse qui revenait par ici ..
Diable! diable!... dépêchons... (Il boit et se brûle.) Butor!... peut-on faire cUauCTer du café comme ça !
KÉROUAN, à Louis.
Tu t'es trompé... elle n'a pu quitter la fête si tôt que ça !...
LOUIS, allant au fond et regardant au bas de la ter rasse à gauche.
Pardine... vous pouvez bien vous en assurer vous-même... Tenez, la voilà qui tourne lechamp des Prêtres avec monsieur...
LE GÉNÉRAL
Georges qui aura voulu revenir.^
LOUIS
Eh non ! avec M. le marquis de Montéclain.
(Le général et Kérouan pnsant \ivement leurs laàses. j
LE GÉNÉRAL
Le marquis de Montéclain !
KÉROUAN
C'est pas possible !
'Il se lève, va au fond, regarde et redescend lentement la scène.) LOUIS.
Vont-ils d'uu pas !...
LE GÉNÉRAL, à Ini-même.
Le marquis de Montéclain !...
LOUIS, regardant encore.
Tiens! ils prennent parla porte du bas... dans deux minutes ils vont être ici... Descendant la scène.) Arrangez-vous avec mamselle Lucile, général... moi, je me sauve...
(Il rentre dans la maison.) LE GÉNÉRAL.
Le marquis de Montéclain!... Est-ce vrai ?
KÉROUAN
Dame! oiù... (A part.) Qu'est-ce que cela veut dire ?
LE GÉNÉRAL
Seule avec lui?
KÉROUAN
Ce n'est pas probable.
LE GÉNÉRAL
Georges... tu as vu Georges?...
KÉROUAN
Je n"ai pas bien vu.
LE GÉNÉRAL
Ah ! ce que je craignais... es qui faisait que je ne voulais pas laisser aller ma fille à cette fête. {Se levant avec violence.) Mais tu Tas voulu, loi... et ce misérable Montéclain...
KÉROUAN
Mais quoi donc?...
LE GÉNÉRAL
Je le dis qu'itou Montéclain est un kn.iie, qui
LA CLOSERIE DES GEiNÈTS,
fnit métier de compromellre les plus honnêtes filles ! Il m'en veut... il a voulu se venger.., il a voulu... Je ne sais pns, mois il a trompé Lucilc... car ce n'est pas contre elle que je parle au moins ?
RLnoi'AN, a part.
Je ne sais plus que croire... et je n'ose lui répondre...
LE GÉNÉRAL
Et Georges... Georgis!... Où est-il le malheureux ?
K.ÉROUAN.
Mais, mon Dieu... c'est peut-êlre quelque accident qui lui est arrivé ii ce garçon... Et peut-être la tille vient l'avertir...
LE GÉNÉr.AL.
Avec M. de JloiUécluin ?... Non... C'est quelque infamie... Il y a\ait ton fils, il y avait Dominique, il y a\ait tout le monde, excepté M. de Monléclaiu 1 Ah!... je veux savoir pourquoi il est venu. VieDs, Kérouau, donne-moi le bras. (Au monient où le général va remonter la scène avec Kérouan, Lucile eoire.)
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