‹ [Magasin théâtralChapitre 755 sur 1545 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

LOUISE, LUCILE, MONTÉCLAIN. LUCILE, à part.

Ah ! j'étais bien sûr qu'il ne nous abandonnerait pas !...

LOUISE

Monsieur le marquis, vous venez la justiGer, n'est-ce pas ?

MONTÉCLAIN.

Oui... jesais la sublime générositéde M"e d'Estéve... et c'est à moi de Inl faire rendre le respect qui lui esl dû...

LUCILE

Mais mon père voudra-t-il vous entendre... vous qu'il accuse ?...

MONTÉCLAIN.

Rassurez- vous; je lui apporte plus que ma parole pour votie justification... je lui apporte la preuve de votre innocence.

LOUISE

Ne suis-je pas là d'ailleurs pour lui dire la vérité!

MONTÉCLAIN.

Kérouan doit encore l'ignorer... Écoulez-moi, Louise; j'ai fait de votre salut une des espérances de ma vie... 11 y a quelqu'un qui m'a dil que son cœur me remercierait de vous avoir sauvée... Et je ne te plaindrais pas, pauvre enfant, à cause de ton nsalheur, je ne t'aimerais point , parce que tu es la fille du vieux et fidèle ami de ma famille, que je le sauverais aux dépens de ma fortune et de ma vie, rien pour ce remerciuient qui m'a été promis...

Qu'ai-je donc fait pour tant de bonté, mon Dieu 1 MONTÉCLAIN , faisant passer Louise près de Luciie.

Tu souffres... cl elle l'ainic.

LUCILE

Oui, confions-nous à lui, ma sœur... Dieu l'inspirera.

MONTÉCLAIN.

Et maintenant , veuillez faire en sorte que je parle à M. d'Esléve.

LUCILE

Oui... monsieur le marquis... (Elle sonne.)

o©c©oocoîooeooeocaoocoooooooo<:ooeooioo«Eiûeoo«oc-:©©aDec©©«oeeos«

scèlM-; XI r.

LOUISE, LUCILE, MONTÉCLAIN, puis LOUIS, puis MADELINE, pni. RÉROUAN, puis DOMINIQUE, puis LE GÉNÉRAL, puis Maoawe là COMTESSE DE RRIAS , son Fils , sa Fille, et la société qui set venue à la fête.

louis , accourant.

Ah! mamsclle... mamselle!...

LA CLOSERIE DES GENÊTS

LUCILE

OÙ est mon père 1

LOUIS

J'accourais pour vous dire que le voilà qui rentre... mais à peine a-l-il mis le pied hors de la voilure, qu'il a aperçu les chevaux de M. le marquis, et alors...

MADELINE, accouranl épouvantée.

Ah! M. le marquis... mon parrain! cachezvous ! sauvez-vous !

MOKTÉCLAIN.

Pourquoi donc?

MADELINE

Le général est comme un fou... il parle de vous tuer... il repousse mon oncle Kérouan...

MONTÉCLAIN.

Je vais au devant de lui... et sa colère se changera bientôt en joie... CI' va pour soriir.) KÉROCAN, entrant.

Mais où allez-vous donc comme ça ?

MONTÉCLAIN.

Parler à M. d'Estéve, qui me doit de m'écouler avant de condai:iner personne,

KÉUODAN.

Mais il ne vous écoutera pas... mais sa tète est perdue... mais c'est folie à vous de tenter la colère d'un père!

LOL'ISE, bas, à Lucilc.

ïu vois !...

Il n'y a que les coupables qui fuient le danger, et si M. d'Estcve n'écoulait que .sa rage, c'est sur lui que retomberait tout le malheur...

DOMINIQUE, qui vient d'accourir.

.Mais vous voulez donc qu'il y ail un crime de commis?...

MONTÉCLAIN, avec éclai.

Un homme qui s'appelle le comte d'Estéve ne commet pas de crime.

LE GÉNÉRAL, paraissant tout à coup sur le seuil de

la poric du jardin.

Briais il punit le misérable qui l'a déshonoré!

MONTÉCLAIN.

Non, général ! il respecte même son ennemi, quand son ennemi vient dans sa maison et lui dit: «Me voila, monsieur!... »

(Il se place en face de lui et reste inunohile.) LE GÉNÉRAL, apivs une pause.

Vous avez raison, monsieur. Ce n'est pas pour vous assassiner (|ue je voulais vous rencontrer... venez...

MONTÉCLAIN.

El c'clail pour vous détromper, (lue je vous cherchais.

LE GÉNÉRAL

Pour me dt'lromper 7... *ous vouIp/ dire pnur me nantir. ..

MONTECLAIN.

Quand j'entrais chez vous, général, vous deviez croire que je venais vous parler d'honneur. LE GÉNÉRAL, remettant ses armes à Dominique cl descendant la scène.

D'honneur?... vraiment, après avoir déshonoré mon nom , monsieur le marquis de Monléclain vient me parler d'honneur?... Sons doute c'est de l'honneur qu'il veut bien me faire en me demandant la main de ma fille.

MONTÉCLAIN.

Ce serait pour moi que serait l'honneur, monsieur ; mais je craindrais de ne pas en être assez digue.

KÉROUAN, indigné.

Ah! monsieur le marquis !

LE GÉNÉRAL, à part.

Misérable!... (Haut.) Mais qu'ètes-vous donc venu faire ici?... Pensiez-vous que tant d'in.solencc resterait impunie, parce que mon fils m'a abandoimé, le lâche ! parce que vous n'y trouveriez qu'un vieillard infirme!'

MONTÉCLAIN.

Votre fils serait ici pour me défendre, s'il ne vengeait en ce moment même l'honneur de sa

sœur.

LE GÉNÉRAL

Comment donc êtes-vous ici , et quel autre adversaire que vous peut-il avoir?

MONTÉCLAIN.

Celui qui s'est fait l'écho d'une infâme calomnie...

D'une calomnie!... vous l'osez dire?... vous!

MONTÉCLAIN,

Et je vous en apporte la preuve... (Bas.) Veuillez dire qu'on nous laisse seuls.

LE GÉNÉRAL, se reculant.

Parlez haut!... monsieur... la honte a élé publique... il faut que la réparation le soit aussi., comme le sera le chdlimcnt.

MONTÉCLAIN, haut.

Eh bien, général, lisez doue... (Bas, lui remettant la Iciire que Louise a envoyée .'i son père, à Lamhalle.) Mais prenez garde devanl qui vous lisez.

LE GÉNÉRAL

Que >eul-il dire?...

LUCILE, lias, il Louise.

Ah ! que lui a-l-il écrit?

LOUISE, jetant de loin, avec anxiéié, un regard sur la leilre» et la reconnaissant.

Ma lettre!

LUCILE, même j<u.

Ah! tais-toi... lais -loi...

LE GÉNÉRAL, h part, s'asseyani sur le canapé. De Louise!

Le général, assis h droit; un ptu ."i l'arrière, lit la l,.tirç.Mnntéolain, debout pr''^ rtn lui, le masque

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