‹ [Magasin théâtralChapitre 757 sur 1545 · scène, l'arrête et va près du général.— A part · texte numérisé non relu

scène, l'arrête et va près du général.— A part

Qu'est-ce que cette lettre? (Haut.) Ainsi tues content, Simon?

LE GÉNÉRAL, troublé.

Certainement... oui, et je veux...

KÉROUAN

Otle lettre... prouve que ta fille est innocente?

LE GÉNÉRAL

En doutes-tu ?

KÉROUAN

Oh!... non... non... (\ part.) C'est la même! Haut.) Et celte preuve tu nous la dira*... ii'e.M-ce

LE GÉNÉRAL

Il suffit qu'elle me satisfasse, et...

(Il va cacher la lettre dans la poche de son hahit ; Kérouan lui arrête la main.)

KÉROUAN

Mais il neme suffit pas à moi (Il saisit la lettre.)

LE GÉNÉUAL.

Laisse celte lettre, malheureux!

KÉltOUAN.

Cette lettre est à moi ! (A Montéclain et à Lu-

ciie.) Et puisque vous m'avez menti tous deux

en me la lisant... tu vas me la liie, toi, Louise.

(Il la ramène jusqu'à l'avanl-scène.)

MONTÉCLAIN.

Silence, Louise !...

LE GÉNÉRAL

Ne la lis pas, Louise!...

KÉROUAN

Monsieur le comte et monsieur le marquis, taisez-vous !... c'est son père qui lui parle... Lis... malheureuse... lis.

(Il lui tend la lettre ; Louise à genoux fait un effort et s'arrête.)

Mon père... mon père, grâce!

KÉROUAN

J'écoule...

L0UI.SE, lisant, la voix bris^ée de sanglots.

« Mon père... j'ai oublié tous les devoirs de » l'honneur... Dieu m'en a punie par le malheur... » Je vais m'en punir par la rnort... >. Parlé.) Oui, j'ai voulu mourir... oui...

KÉROUAN

Lisez! lisez !

LUCILE, à part.

Pauvre Louise!

LOUISE , lisant.

« Pardonnez-moi de ne pas vous nommer celui » qui m'a perdue!... pardonnez-moi si, en ntou- » rant de son abandou... j'eniporie son secret » dans ma tombe pour ne pas le livrer à votre )» vengeance... »

KÉROUAN, ù voix basse.

Mais tu n'es pas morte!... Après ?...

LOUISE , lisant.

« Je veux qu'il n'y ait de malédiction que sur » moi!... Je ne veux de châtimens que pour » moi !... »

MONTÉCLAIN.

Noble cœur !

LE GÉNÉRAL

Brave fille!

LOUISE , lisant.

« En apprenant ma fiiute, moi vivante, vous y) m'eussiez tuée avec mon enfant! c'eût été peut- )) être un crime devant Dieu et dev;int les hom- » mes! je l'ai gardé pour moi, et pcut-èlre Dieu » me par<loiinpra-t-il ma mort, puisqu'elle vous

LA CLOSERIE DES GENÊTS

» épargne le désespoir et le malheur de me pu- • nir!... Adieu... mon péret... adieu, et soyez a béni!... »

(Kérouan rrsic immobile , Montéclain se place entre

lui et sa fille qu'il leK've et confie à Lucilc, le

général se live et s'approche de Kérouan.)

LE GÉNÉRAL, (l'un côlé , lui prenant la main.

Kérouan, mon ami.

MONTÉCLAIN, de l'auire, même jeu.

Kérouan!... écoule-moi!...

KÉROUAN , s'agenouillant lentement.

Mon Dieu Seigneur î vous qui punissez et qui pardonnez ! vous qui m'avez soutenu pendant quarante ans de travaux et de combats! vous qui m'avez appris à souffrir pour votre sainte cause! vous qui m'avez toujours montré où était le chemin de l'honneur I... Inspirez-moi, Seigneur mon Dieu! et dites-moi votre volonté!

(Il baisse la tête.) LUC ILE , bas à Louise.

Oh ! il te pardonnera.

LOUISE

Jamais! jamais 1

(En ce monHut , un grand bruit se fait entendre du coié des jarUins. — La porte s'ouvre, el M^e de Brias, suivie de son flls, de sa Glle et de toute la société qui a paru à la fête, entre rapidement.)

LE GÉNÉRAL, allant au devant d'eux pour les arrêter.

Ah ! madame! madame!...

M™e DE BRIAS.

Pardon, général, si j'entre ainsi ; mais je venais vous apporter mes excuses el celles de mon fils.

LE GÉNÉRAL

Pas un mot de plus! je vous en supplie!... KÉROUAN , se relevant U-nleuicnt.

Faites, madame.— Chacun sa part... à la vertu el à l'innocence, le respect et la vénération... au vice et au crime , la honte et le châtiment. — Venez... venez Louise... notre place n'est plus parmi les heureux et parmi les honnêtes gens! (Il prend la main de Louise et s'éloigne avec elle. —

Tous, frappés de surprise ou de douleur, s'inclinent

devant lui. — Le rideau tombe.)

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