SCÈNE II
MONTÉCLAIN, LÉONA.
LÉONA
Le terrible Dominique ne peut me pardonner la scène de la fête...
HOnrÉCLAIN.
Je le crois.
LÉONA
Et malgré vos airs doucereux, vous ne me pardonnez pas non plus d'avoir dérangé vos secrets desseins.
MONTtCLAIN.
Mais vous les avez servis à merveille, au contraire... Grâce à vous, la maison du général, demeurée jusqu'à présent inabordable pour moi, ne peut rester plus long-lcnips fermée à celui (]ui a rendu à sa fdic un service signalé.
LÉONA
Vous appelez cela un service ?
MONTÉCLAIN.
Donnez-lui le nom que vous voudrez... toujours esl-il que je suis en position de pouvoir mainlctcnant parler de mon amour, et peut-être de mon mariage.
LÉON A
Et qui pourrait y mettre obstacle, je vous prie?...
Le général, d'abord.
LÉONA
Je sais bien qu'il n'.?ime pas beaucoup les niarinjies qu'il ne f;iit pas... nuiis il faïKlrn bien s'y dérider...
MONTÉCLAIN.
Mais il y a avant tout, la volonté de M^^d'Estéve.
LÉONA
La volonté de M"e d'Estéve!... Vous moquezvous de moi, Montéclain? et celle qui a si complètement accepté votre amour refusera-t-elle un nom qui peut seul la sauver ?
MONTÉCLAIN.
Comment dites-vous ?
LÉONA
Je dis, monsieur, que vous jouez un rôle fort ridicule avec moi, et fort odieux pour M"^ d'Estéve, en plaisantant sur le compte d'une jeune fille que vous avez perdue.
MONTÉCLAIN, riant.
Comment, Léona, vous en êtes encore là... Ah! bon Dieu!... vous, la reine des intrigues brûlantes, des résolutions hardies... vous pensez encore à cette niaiserie de la fêle !
LÉONA
Dont vous paierez les frais...
Mais c'est fini... c'est usé... c'est d'hier... Ah ! nous sommes bien plus avancés que ça...
LÉONA
Quoi ! cette aventure...
MONTÉCLAIN.
Allons donc ! vous n'y avez pas cru un moment...
LÉONA
Vous osez nier...
MONTÉCLAIN.
Oh !je vous croyais plus forte que ça... Quand on calomnie, Léona, on se donne au moins la peine de savoir l'crfet de ses inventions... Comment, vous ne savez pas que Rlmo de Brias et son fils ont été porter leurs excuses au général? Vous ne savez pas que, depuis ce matin, tout le voisinage a été protester contre l'insulte faite à M"« d'Estéve?
LÉONA
Mais cet enfant?...
MONTÉCLAIN.
Appartenait à une pauvre fille qui l'avait confié à Luciie.
LÉONA
Ce n'est pas vrai !... ce n'est pas vrai !
MONTÉCLAN.
Vous savez bien, ma chère, que je ne me donne la peine de mentir avec personne.
LÉONA
S'il ne craignait rien, pourquoi le général m'aurait-il demandé un rendez-vous?
MONTÉCLAIN.
Il vous l'a demandé, mais il n'y viendra pas.
LÉONA
Qui l'en empêchera ?