SCÈNE PREMIÈRE
FRÉDÉRIC , PIERRE , LAZARE , ZÉ- TULBÉE, FLOUA, ROSINE, JEUNES FILLES, Peuple, etc.
zÈTULP-fcE. Eh bien, où sont donc Nini et moubieHr (jroscillon ?
TOUTES. Monsieur Croseillon! monsieur Groseillon !
Arrive (JroReillon portant Nini sur ses épaules. Nini regarde au loin les iiluniinatiuus, avec des jumelles.
GROSEILLON. Placcl placc pour une dame qui se trouve mal!
NINI, IranquHkment, à part. Je me trouve trè'-bien !
FLORA. Il faudrait peut-être la délasser.. .
CROSEILLON. iMais c'cst moi qu'il faudrait délas.ser... Je succombe... Voyons, Niui, rouvrez votre neunœil...
NINI, retjdrdant. Ah! que c'est beau, que c'est joli, les illuminations !
GROSEILLON. Comment! c'est beau, c'est
* Messieurs les Directeurs de province qui supprimerait le tableau des illumination? termineraient ici par ces mots : PIERRE. Ensuite, au moulin d)> Cbarenton. — luos. Au moulin de (Uiarenton !x> et l'on |ia»soiait de suite au tableau
du moulio
PARIS ET LA BANLIEUE
Sa
joli... C'était donc une farce?... Nini , mes soupçons étaient injustes, vous n'êtes pas légère.
11 descend Nini.
NINI. Allons, monsieur Groseillon , restez donc à nos côlés. Il y a dans ceiie loule des mauvais sujets qui prennent un tas de libertés...
GROSEiLi.ON. Ah! vous appelez ça un tas de libertés; je le veux bien. Mais ce fou d'artilice, on ne le tirera donc pas ? il est i'heure! {S'apercevantquiinaplus sa montre. ) Dieu! mon oignon !... on m'a volé mon oignon!
NINI, lui montrant son habit, dont un pan a été enlevé dans la joule. El votre pan!
GROSEILLON. Mon pan aussi ! on m'a volé mon pan!... Quel est le chenapan qui m'a volé mon pan?... je plaiderai, je le ferai condamner !...
NINI. Ce ne sera pas avec dépens!...
Ici l'on entoure Groseillon, qui remonte vers le fond.
FRÉDÉRIC , redescendant avec les frères Renaud. Vraiment c'est un tableau féerique! Pardonnez à ma surprise qui doit vdus sembler bien niaise, bien ridicule; mais un pauvre provincial placé tout à coup en face de tant de meiveilies... D'ùonneur, je suis ébloui !...
LAZARE. Vous voyei en effet la plus belle fête de Paris... Mais, patieui-e, vous n'en avez pis encore fini avec les plaisirs de la banlieue. . . nous vous lerons connaître ses beautés naturelles, et vous verr z que le Parisien va qi.elquefois chercher bien loin des sites qu'il trouverait aux pories de sa capitale... Nous laisserons de côté Montmartre et ses carrières, Saint-benis et sa cathédrale, Montrouge et
ses fortifications, et demain nous commencerons la journée par une charmante promenade sur les b'>rds fleuris de la Marne,
PIERRE. Et nous passerons gaiement la soirée dans un vieux moulin, non loin de Charenton.
GROSEILLON. Charciiton! oh! Oieu! charmant pays!... j'en ralîole! je suis fou de Cliarentou !...
NINI. Fou de Charenlon, c'est le mot.
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