MÉLANIE
Mais il me semble qu'il dîne tous les jours ici, ce M. Royer.
Li:s ryruDiANS,
M^'B PASSAGER
Qui ça?
Mi:LAME.
Ce tout pclit, qui a l;iir si rngcur!
M""" PASSAGKU.
Félix!... Ah ! ce n'csl pas ça... Tu ne connai3 pas l'aiilre, un grand bel homnio... un vrai bel homme!... C'était nn charme les jours d'exlra... et il en payait celui-là des extra... ça roulait.,. Je les ui vus danser sur la table, et puis pas un verre, (tas une assiette... Ça en faisait ça desniémoires!... M;iis maintenant ça man^c Iraïuiuillenient.çaboil de l'eau... Ah! la jeunesse se dégrade bien! (On cil (011(1 du bruit.) Silence... voilà quelqu'un... cache 'a bète.
MÊLAîSIE.
Je m'en vas. (Elles sortent.)
Mnne PASS.\GER, qui rentre prcsqu'aussilôt, BU- CHOT, PICONNEAU.
(Ils entrent par la porte du fond, à droite, pendant que M"e Passager reconduit Mélanic par la porte de gauche.)
C'est ici, dis?
PICONNEAU.
BLCIIOT.
riCONNEAU.
Cl a une d'ùle d'odeur.
BUCUOT.
Odeur de la cuisine... Breiif aux choux... beaucoup de choux... Gigot braisé aux haricots... beaucoup do haricots...
Rime PASSAGER.
Eh! c'est vous, monsieur lîuchot?
(ils se saluent.) PICONNEAU, basa Buchoi.
Qncllecst cette grosse femme?
BCCUOT.
Li châtelaine du fricot, mon bonhomme.
M<"e PASSAGER, il Bucliol , pendant qu'cllc arrauRC dans rapparlemciit. Il y a long-temps qu'on ne vous avait vu...
BUCIIOT.
Q:iinze jours... c'est l'absence de ré«le... on avait louchr';son trimestre... Deux semaines, dont trois lundis chez Dagtiaux... tout y a passé... Il a fiUu .se régler... J'ai pris mon reste, soixanlcquinrefrancs. c'estdeux moisetdemi de pension... l'arriéré est payé. Je viens en recommencer un .^ulrc.
n^o PASSAGER.
Vous ne serez donc januiis raisonnable!... pour un étudiant de...
BUCHOT.
Onzième année, madame Passager, onzième année...Jesuis ndélcù l'école... Je n'ai jamais voulu cire licencié.
PICONNEAO.
Ah! tu n'es pas...
BCCHOT.
C'est un calembourg... tu comprendras, le mois prochain.
Mme PASSAGER , à Buchot.
Mais <iuel est ce jeune homme? (Bas.) Est-ce un pensionnaire?
BCCHOT.
Ce jeune homme est M. AmadisPiconneau, fils de demoiselle Armandine Peluchon, ma tante, et de sieur Louis-Pierre-BIathias Piconneau, son époux, inarguiilier et fabricant de bonnets de cotoi), à Lisieux... C'est mon cousin, étudiant de première année... attentif à ses cours... et gros mangeur... Je l'ai péché chez Rousseau l'Aquatique, oii il s'est mis dabs cet état-là... et je vous l'ai amené, pour qn'il se refasse un peu à votre cuisine...
nime PASSAGER.
monsieur sera content, je l'espère, et verra la différence qu'il y a entie ma maison et ces misérables restaurateurs à trois sous le plat... Vous verrez une table servie... ah !...
BUCHOT.
Ça ne vaut rien, mais il y en a beaucoup...
PICONNEAU, ù Buchot.
Sais-tu qu'elle est fort bien, celle grosse mère...
Bl'CUOT.
Conjuguons àl'imiwrfait... Elle était fort bien... jadis...
PICONNEAU, de même.
Est-ce que madame est veuve?
BUCUOT.
Elle l'a toujours été.
Mnie PASSAGER.
Plait-il!... pas de plaisanterie à ce sujet... Ah! pauvre Passager... je l'ai tant aimé... Tenez, voilà son porlraM, monsieur.
BUCUOT, regardant le portrait.
Ca ?... Mais je le connais... je l'ai marchandé dix" fois chez le père Schoulz... J'ai voulu m'en faire un onde à succession... au fond de mon lit... avec un clou doré... Mais on ne m'aurait pas fait six mois de crédit sur une ligure conune ça... c'est Irop gras pour un oncle... à la bonne heure pour un mari... Combien est ce qu'il vous a coulé?
M'"C PASSAGER
lluni!... mauvaise langue!
PICONNEAU, à Buchoi.
Esl ce que miidame ne serait pas madame?. P.q.a ma défendu d'aller chez les demoiselles.