VICTOR, ÉTUDIANS
BUCHOT.
Ehl voilà les amis... Ronjour, Prosper... bonjour, Victor... bonjour, Olivier...
(Chacun en entrant lui serre la main.) OLIVIER, triste et pauvrement vêtu.
Bonjour.
LE CHIFONNIER, à part, regardant Olivier. Toujours la même tristesse... Ah! le malheureux ! (Il sort. — Félix entie.) BUCHOT.
Bonjour, Félix.
FÉLIX, avec humeur.
Bonjour.
BUCHOT.
Eb bien ! qu'est-ce que tu as donc ?
FÉLIX
J'ai.... j'ai.... Ma parole d'honneur ! ça linira mal.
BUCHOT.
Encore quelque querelle... oii lu as tort.
FÉLIX
Non... c'est Olivier qui m'a...
Olivier... lui., la douceur de l'agneau... Olivier qui l'a souiUé ton premier examen...
LES ÉTUDIANS
FELIX
Si ce n'»Mail pas ça...
BOCHOT.
Voyons, Olivier, que lui as-Ui donc fait?
OLIVIEU
Rien... il est fou.
FÉLIX
C'est insupportable.. Enfin, aujourd'hui, je vais à la leçon... ça ne m'arrive pas assez souvent pour que je n'en wuille pas profiter... M. Blondt-au fait l'appel... On me nomme, je réponds: présent!... Tu sais qu'il n'aime pas les présens par procuration... 11 regarde de mon côté... — Qui a dit présent ? — ftloi. — Où ça ? — Mais par ici. — Où donc? — Eh bien ! ici... Et il faut que je monte debout sur mon banc, parce que ce grand corps d'Olivier était assis devant moi'.... Et toute la salle de rire...
vicTon.
C'est vrai... Tu as eu un fimeux succès!
BUCUOT.
Et tu es bien heureux!... On peut répondre maintenant pour toi... Si M. Blondcau ne te voit pas, il se dira : «Ah !... c'est le petit... il est caché derrière sa canne. »
Gros imbécile!...
BUCUOT.
El tu te fâches contre un ami... parcequc...
FÉLIX, monirant Olivier.
C'est que c'est si bête d'être grand comme ça !
BUCHOT.
Napoléon était petit... Tous les grands hommes sont petits.
PICONNEAU.
Qu'est-ce qu'il dit?...
BUCUOT.
C'est un bon mot, tu ne comprendras jamais.
viCTon, à la fenêtre.
Eh ! à propos de grands... voilà Royer!
TOC ., à l.i fcnOtre, excepté Olivier et Féiix. Royer !... hé!
FKMX.
Qu'est-<e qu'il y a... IVle voilà... je ne me suis pas envolé.
BUCUOT.
Eh! ce n'est pas loi, clampin.. c'est Royer... le grand Royer... le beau Royer... l'intrépide Royer!... (Il> lui font des .signes par la fenêtre.) Fl'xiX, pas.-anl du cAié d'Olivier.
En voilà un qui m'cnnnie!
OI.IVIEit, avec inqniétnde. Royer, n t-on dit?... Quel est cet étudiant'.'
FÉLIX
Celui-là, vois lu, c'est mon cauchemar... D'abord, il a la Icle de plus que loi... et puis il s'appelle coiiiiiie moi, Koyer... Eh bien! il n'y i ii a que pour lui... Si ou dit... voiissavi/ bien, (]l,ira s'est fail enlever a l.i ('.Ii^iiiiiiuto par Royer...
Bah! lequel? — Il n'y a qu'un Royer... le beau Royer... Ou bien, comme avant-hier... deux étudians se sont battus en duel... Royer a blessé .son adversaire... — Ahl oui... le brave Royer... Et partout et toujours... le grand Royer, le beau Ri.yer, l'intrépide Royer !... Vois-tu, cet animallà m'a aplati, anéanti... supprimé... Je n'existe plus... Ça finira mn\... Je te dis que ça finira mal. OLIVIER, à part.
Encore ce nom... Mais ce n'est peut-être pas lui.
BUCUOT, à l'élix.
Tais-toi donc!... On te paiera des talons de boites... (A la fonûtre.) Tiens, le voilà qui raccroche les amis... On fait masse... on dérive par ici... Il va y avoir bombance et festin... A la cave, la mère Passager ! à la cave !
TOUS
A la cave!...
ivimo pASSAGEii, accourant.
Qu'est-ce que c'est?
LES ÉTUniANS.
C'est Royer!
Mme PASSAGER, effarée.
Ah! mon Dieu, mon Dieu!... Mélanie... tout de suite... le gigot à la broche!... (Bas.) Et mettons sur la table les assiettes fêlées et les verres fendus... Je vas renouveler ma vaisselle! (Elle sort.)
BUCHOT.
Le voilà qui monte... Bravo, Royer!... Musique!... Rataplan... rataplanl... Chi la bouml boum !
TOUS
Vive Royer!... ran plan, etc.
(Ils imileiu avec la voix une musique militaire.)
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