‹ [Magasin théâtralChapitre 81 sur 1545 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Les Mêmes, PASCAL, entrant par la

gauche.

PASCAL. Ouf! je n'en puis plus... J'ai

perdu leurs traces... Entrons nous reposer

un instant chez le meu .ier... j'ai encore du

couraf^e, mais je n'ai plus de jamf>c.s...

Pa«cal fmppi- à la porte du moulin CarHïillan et Mi«tigr.s rourant l'un après lauire soûl descendus au rezde-chaussée.

CARDAILLAN. O Maria, té vérilc l'oupé-

tavie...

MISTIGRIS. Y a personne...

CARDAILLAN. Comment, il n'y a personne !

MISTIGRIS. Ah ! excu'îez, bomjieois. .. c'est riiabilude de dire ça pendant neuf mois de l'an net*...

CARDAILLAN. O uion Diou, qué bestias!... Mets la table, drôle, je vais ouvrir.

Mistigris descend et met le rouvert.

MISTIGRIS. La table, ça me va!

CARDAtLLAN. Eh! c'est ce bon monsieu de Passecale !...

PASCAL. Moi-même, mon cher Cardaillan.

CARDAILLAN. Qu'('st-ce qui vous amène donc?... nos petites affaires?...

PASCAL. Ne me parlez pas d'affaires,. . je suis moulu.. . On vous payera votre rente plus tard. . comme je l'ai d^^jà payée à vos deux mauvais garnements de frères... je peux en faire autant pour vous... qui ne valez pas mieux...

C\RDAILLAN, Vous dites? ...

PASCAL. Je dis que je voudrais bien me coucher un peu. .. je crois que je suis malade... Est-ce que vous n'avez pas ici quelque petit coin où l'on puisse se reposer un peu?...

Il s'assied sur une chaise.

CARDAILLAN. Non, U' n. pas là... j'attends ce soir nombreuse société.

PASCAL. De vos amis, de vos parents?

CARDAILLAN. Non; des jeunes gens qui ont loué mon moulin .. mais c'est égal, si vous voulez monter là haut et me promettre de ne pas vous montrer...

PASCAL. Fatigué comme je le suis, je dormirai coiDine une marmotie... p^s trop longtemps, louiefois. car il faut, avant la nuit, que je termine une alTaue imponanle.

CARDAILLAN. Eh bien,., suivez-moi...

Il passe le premier.

PASCAL. Avec plaisir,

CARDAILLAN, hors scène. Venez, monsieur de Pascal.,, faites atlmtion, oui... Allons, levez le zambe.

PASCAL. So\ez tranquille.., me voilà, me voilà... [Arrivé au premier, regardant autour de lui.) Ah!... esl-ce ici ?

CARDAILLAN, en montant. Oui... encore un étage... Prenez garde, l'escalier n'est pas commode.. .

PASCAL. Ah! ça me connaît,., je prends la rampe...

Il dégringole.

CARDAILLAN. Eh bien, oii donc allezvous ?

PASCAL. Ne faites pas afeniion, je prends la rampe après être arrivé... là, nous y voilà.

MISTIGRIS. en bas. Dites donc, bourgeois...

CARDAILLAN, Eh bien?,..

MiSTiGHLs. Fdut-il leur déboucher leur , vin, aux pratiques?

CARDAILLAN. Du tout... que je te le défends, oui.

MisT[GRis. Oui... il a dit oui... (Criant.) C'est bien, bourgfois. ..

Il déboufhf une bouteille, boit du vir» et remet de l'eau.

CARDAiLLAN, arrivé au deuxième avec PdScaL Voici votre chambre à coucher...

c'esi la nàcnne ..

PASCAL. Allons ici... je srrai parfaitement... le caiine àe cette campagne, le tictac de votre nniuliu, tout va me bercer des plus doux songes...

11 place sa valise dans un coin; se couche par terre ej appuie sa tête sur la valise.

MISTIGRIS. C'est plusnifraîchissant comme ça.

CARDAILLAN. Aitendez, je vais faire votre lit, moi... Donnez-moi votre valise...

PASCAL. Tardon, pai don. .. j'aime mieux ne oas me sépirerde ceci...

CARDAILLAN, à ■part. O d... oui... du portefeuille... mais il faudra poiiriant que je sache auj urd'hui ce qu'il renfer-ne. [Jlaut.) Attendez, je vais vous faire un lit d*^ meunier, un lit à dormir quinze jours sans boire ni manger.

Il approche deux sacs qu'il nif t de chaque côté de la tètf de Pascal et place une planche en travers au-dessus de la valise.

PASCAL, à part. Quinze jours!... diable! ça ne ferai pns ujon compte!

CARDAILLAN. Voilà ce que c'est.

PASCAL. En effet, decetie manière, je suis mieux, et ma valise est toujours en sfirpté... Grand merci, grand merci, monsieur Cardaillan !

CARDAILLAN. Bon sommeil , monsieur Pas-eca!, ne faites pas de mauvais rêves.

PASCAL. Je l'espère... Votre sei viteur de tout m»tn (ceiir... De mauvais lêves... mon Dieu soit loué, j';ii là, d ns mon portefeuille, le nouveau pouvoir que m'a donné iM.

de Cinmarins po"r vendre, en faveur de son fds, la terre de Chenevière, près S;iint-Maur; c'est à deux ^la^, et je m'y rendrai h mon réveil.

CARDAILLAN, passant la tête à V étage du deuxième II doit avoir le sommeil dur; tout à l'heure, nous dirons un mot à la valise.

PASCAL, ouvrant de grands yeux et se levant. Vous dites?...

LA SOCIÉTÉ. Venez par ici... voilà le moulin...

Bruit au dehors.

CARDAILLAN. Je dis (juc ce sont les pratiques qui nous arrivent. [À part.) Diable d'homme, va!...

Pascal se rendort.

PARIS ET LA BANLIEUE. 35

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