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SCENE YIII

Les mêmes, FORBACH, META, le Nègue*

FOR BACH, entrant, donnant la main ù Meta. Qu'on serve... et dites à mes invités que le diner les attend.

META , ù part , apercevant Clinton.

C'est lui !

CLINTON, à part.

C'est elle... on dirait qu'elle craint de me regarder.

CABESTAN, bas, à Clinton.

Allons, courage!

FOiJBACH, lias, a sa fille.

Vous savez ce que je vous ai ordonné. . (s'avançmt vcis Clinton.) Eli bien! messieurs, ne venezvous pas?

CLINTON

Pardon, monsieur, je voudrais... je désirerais...

FOîlBACH.

Vous avez à me parler?,.. Je vous écoule.

CLINTO?..

Monsieur, ma démarche est bien étrange, sans doute; mais votre retour ici, la manière dont vous >0!is êtes annoncé, me donnent le droit de croire que les bizarreries ne vous déplaisent pas.

FOUBACII.

Non, monsieur, j'aime l'estraordinaire; j'en ai beaucoup vu et je désire encore en voir.

CLINTON

Eh bien, monsieur cette façon d'être m'encourage... J'aime votre fille.

FORBACII.

Ah!

CLINTON

J'ose espérer qu'elle croit à la sincérité démon amour.

FORBACH

!Jicii 1... bien !...

El je viens vous demander sa main.

FORBACH

l'iavo! jeune homme, bravo! voilà qui vérita- ' Mrlo, l'orbatb, Cabestan, au fond, Clinton, Cavalier,

blement est îtssez extraordinaire... N'est-ce pas? messieurs et mesdames... une demande de mariage en public. C'est une mode nouvelle, sans doute... j'en suis ravi.. La mode exige-t-elle qu'on igfiore le nom du prétendu?...

CLINTON

Je m'appelle Gaspard Clinton.

FOUBACH.

Clinton... Ah ! je sais, une famille assez mal famée.

CLINTON

Monsieur!

FORBACH

Ça ne fait rien... les fils n'héritent plus, de nos jours, des crimes de leur père... mais ils héritent toujouis de leur fortune... la vôtre?...

CLINTON

Dix mille livres de rente.

FORBACH, riant.

Dix mille livres de rente... mais qu'est-ce qui n'a pas dix mille livres de rente... Ma fille en aura cent mille à son mariage, monsieur; mais corimie j'ai le droit de mépriser la fortune, parce que J'en ai une énorme, votre pauvreté, monsieur, ne sera point un obstacle, et si ma fille vous choisit, je suis tout prêt...

CLINTON, avec prière.

Ah! Meta... Meta, répondez, voulez-vous ma main, mon nom... mon amour?

META, avec contrainte.

Non, monsieur Clinton.

CLINTON

Non ! Meta... qu'ai-je entendu?., vous refusez?

META

Oui, monsieur, jamais je ne serai votre femme.

FORBACH

Je ne le lui fais pas dire.

CLINTON

Oh ! c'est affreux... Esl-ce donc la fortune qui vous est venue... ces richesses inespérées...

META

Peut-être...

CLINTON

Est-ce donc un rival favorisé par votre père?

META

Peut-être... mais , comprenez-moi bien, je ne puis pas... (Elle rencontre le regard de Forbacti.) je ne veux pas être votre femme.

CLINTON

Ohl nialiieur !

FORBACH

Ce n'est pas de ma faute, jeune homme (En sortant et riant avec dé:îain.) Un Clinton. . dix mille livres de rentes!., ça fait pitié... Venez, ma fille le diner nous attend.

M ETA, en sortant.

0 mo!i Dicii... que voulez-vous de plus?

LIS TAl.ISMA.NS

SGÈINE I.X.

CABESTAN, CLIMON, (:.\VA!-H:R.

CLIMO>.

Rcfuic... chassé... méiirisr.. Ali 1 c'en csl liop... c'en est trop... la perfidi'... l'iitdignc!

CAVALIF.U.

Mais tu ne l'as donc pas vue? clic pleurai!, clic se mourait.

CABn»! AN.

C'est vrai, la première fois qu'il faut dire aux gens qu'on prcMendail aimer... Je ne vous connais plus... c'est dure... mais rtiabilude lui viendra.

CAVALIKU.

BIcta est un ange de candeur.

C'est une femme.

CAVAI-IKU.

C'est la vertu même.

CABESTAN

C'est une femme... une femme qui était pauvre et qui aimait un homme riche... une femme qui est devenue très riche et qui ne veut plus d'un homme pauvre... C'est comme i.a (pic va se piissc toujours.

CUNTON.

Oli 1 je me vengerai.

r,AVAMi;u.

Te venger?

CLINTON

Je me vengerai.

CABKSTAN.

Bien dit!

CAVALIER

Un homme qui «■c venge d'une fenune est un làehe... .Mtends... espère...

CABESTAN

Et crève de rage et de dépit.. Allons donc, au diable les amours langoureux! Viens, Gaspard, viens à Paris... C'est là qu'est la vie, la joie... l'amour... le bon amour ou l'on n'a pas le temps de se désespérer, parce qu'on a de quoi se consoler tout de suite.

Eh bien ! oui, tu as raison... je veux l'oublier...

la fuir... Si je restais ici... elle serait trop fiére de

mes larmes, de mon désespoir. (Il appelle.) Gi-

rodce?

GIBOFLÉE, (l;i fond.

Monsieur...

CLINTON

Prépare tout pour mou départ... je veux dam une heure être loin de ce pays maudit.

CAVALIEU.

Tu es fou, Gaspard.

CLINTON

Pcrdrai-je à la fois amis et maîtresse'?...

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