LA VOIX DE KARKNOFF
On y fa... on y fa!...
GIROFLÉE, dans la seconde boutique de gauche.
En a-t-il des ors... ce vieux Barabas.
CLINTON, dans la boutique de droite.
Quelle misère!... oii suis-je tombé!...
liARKNOFF, entrant, par la porte à gauche, dans la boutique du marchand de curiosités à gauciie. lîonchour, bonchour, chêne homme; que foulez-fous?
GIROFLÉE
Il me faut un habit... mais un habit ficelé... une redingote ficelée.
KARKSOFF.
Très picn, très pien... che fais foir si (liai folte affaire... restez-là. ( Il passe dans la boutique de droite. — A Clinton.) Qu'y a-1-ilbour fotre zcr\ice, nionsicî
CLINTON
Je voudrais savoir si vous pourriez m'adielcr ces habits ?
KARRNOFF.
Foyons... un hapit noir... toupie en soie... une relingote, un chilel...
Combien m'en donnez-vous?
KARRNOFF.
Ça faut vingt-cinq francs.
CLINTON
Vingt-cinq francs! mais c'est loiil neuf.
liAl'.KNOFF.
Tîardon... bardon... les enmanchures sont vadiguées, le chilct est basse... Za faut bas fingtciuii francs, clie ine trompe, ça faut fingt francs.
CLINTON
J'uintc mieux aller ailleurs.
KARKNOFF.
A foire aise, monsié... des hapits de babier ma ché.
GIROFLÉE, à gauche.
Hé! là-bas... dites donc, je m'enrhume...
(Clinton va jusqu'à la porte de la rue.) iiA!JKNOFF, à Giroflée, à la porte de communication. Un moment , cliôiie homme , je crois que chai foire alTaire... un hapit et une relingote superbes. (Il va vers Clin;on.) CLl.NTON, à part, revenant.
Voilà les rues qui se peuplent... si l'on me reiiconlrait avec ce paquet... Il le faut...
KAlîIiNOFF.
Jlonsié n'est bas bardi ?
Vous m'avez offert vingt francs de ce paquet?... Allez donc.
KARKNOFF, prenant les habits.
(Ihe fa fous chercher foire archant. . Chy périrai... ché zuis trop ponl...
(11 retourne vers Giroflée.)
GIROFLÉE
Arrivez donc, vieux ciiislrc!
KARKNOFF, lui piéseniant les babils.
Foilà fotre allaire... hein?... Fojez... c'est po... ça... très po...
GIROFLÉE, examinant l'habit.
Il me semble que j'ai brossé ces habils-là...
KARKNOFF.
Za zebeut.... tous les hapits noirs... sont le la même couleur.
GIROFLÉE
El vous en voulez?
KARKNOFF.
Cent cinquante francs te l'hapil et le la relingote.
GIROFLÉE
Cent cinquante francs, des vieux habits 1 .. Ça vaut soixante francs.
KARKNOFF.
Sur mon honneur, levant Die, che les ai bajés, il y a trois choiirs, cent lingt francs... Faut pien que che gagne leux pièces de cent sous. . Cenl trenie francs.
GIROFLÉE
Cent tienle francs, soit... Donnez!
KARKNOFF.
L'arcliant...
GIROFLÉE
Voilà!., voilà!...
KARKNOFF.
Fous vaites là une pien ponne affaire.
GIROFLÉE
Et vous permellcz que je fasse un boul de loiktie?
KARKNOFF.
Vallès... vailes... et clic fous tcmanterai rien bour za... {\ vi-n.) A l'autre.
(11 revj.'nt du côté de Clinton.)
Li:S TALISMANS,
CLINTON
Enfin... Eli bien ! monsieur, csl-ce fini ? K.vitKNOFK, s'asseyani sur une cliaise, avec des signes (le désespoir.
Ah! chL-nc homme, chêne humme... fous foycz un honmie ponfondu, tésolé, apimé!
Oii'esl-re donc, monsieur?
KARIOOH".
(;hé Hens te faire ma giiise, monsié... Folé. .. folé, bas une bière de trente soil»;... imbossiblede fdiis bayer.
CLINTON
Monsieur, ceci ressemble beaucoup à une friponnerie.
K.4K!iN()FF.
Un vriponneric... moi... un vriponnerie! Ma barolc levant Dié, si l'y cire pas folé... Un vriponnerie... che znis connu.
CLINTON
Alors, rendez- moi mes habits!
KARKNOFF.
Un vriponnerie! chémerais mié fou< tonner tout mon poutique.
CLINTON, regardant autour rie lui.
Et que voulez-vous que je fasse de vos guenilles?
KARKNOFF.
Tes quenilles... Ah! monsié, foulez-fous foir les quenilles gomme za? Tenez... fencz...
CLINTON
C'est inutile... mes habits ou mon argent.
KAUKNOFF.
Pien... pien... fous allez les foir, fos hapits... Tenez... (Il ouvre la porte de coininuiiicaiion.)
GIROFLÉE, de la boutique de ^auclif.
Dites donc... hé! là-bas, vieux cundclabre. .. j'aurais besoin d'un chapeau.
CLINTON , de b boutique de droite.
Voilà deux ou trois fuis que je crois reconnaître celle voix.,.
KAUKNOFF.
Un jabeau ! Foycz si zelui qui csl zur la blanche, il fous fa...
(ilIlOFLÉK.
(Ji'i ça?
CLINTON , cutunl dans la boutique de gauclie.
Est-ce lui?
KAnKNOFF.
Là... à troite... C'est pien.
cnioi'Lfci;, prc.iani uncli.ipenn placé au dessus d'une étag're couverte de crist.uix.
KARKNOFF.
Ezaycz s'il fo'.is fa.
CLINTON, donnanl un coup de pied au dtrriîre
de Gironde qu'il a reconnu.
Ah ! drille!... (GirontSc csl tout i^ fait coniro l'étagirc au mouvMi; où il r'Tolt \o coup do pii- 1. Il met
lccliai)eauct disparaît.) Ah ! misera... Qu'e.>t- il donc devenu'/
GIKOFLKE, invisible.
<îràce ! monsieur, grâce!
KAUKNOFF.
En foiià, les quenilles, en foilà...
GlROFLÉF, invisible.
Grâce! grâce !
CLINTON
Mais je l'enlends parler et je ne le vois pas.
KAUKNOFF.
(^'est qu'il afre mis le jabeau enchanté... il être izi cl fous bas le foir... Zc être za tes quenilles!
CLINTON
Pardon, monsieur, expliquons-nous un peu... Vous parlez de chapeau enchanté?
KAliKNOFF.
Zi?rtainenient... et le poignard qui rend infidnérablc, et la lunette qui fous vail foir à drafers les murs... et le gant (|uî vaîl zanchcr de vigure... et le dapis qui vait folcr en l'air... et dons les audres dalismans, che les ai là , monsié... che les ai là... Za ètic les quenilles !
r.iUOFi'îE, invisibie.
Tiens... liens... voilà qui est drôle, je suis invi.-ible !
CLINTON
Mais le coquin est ici ?
GIUOFLÉK, iuviMbIc.
Je n'y serai pas long-temps.
K.VitKNOFF, fcrnianl la porie.
Ah : folcur... du ne zorliras bas, foleur !
GluoîLi'in, iuvisibir.
C'est ce que nous vctrons.
KAUKNOFF.
Dciicz la borte... dcnez-Ia...cho fais le droufer. (H va à travers la pièce en Oteiidanl les br.is.} (illiOFLLF, invisible.
Ah ! voiiiclio... de quoi ?
KAUKNOFF.
Harle d.inc. (|uc che d'adrappe? [I.afenâire s'ouvre.1 Ah ! scélérat ! (Il court à la fcur-ire.) Che de diens!
CLINTON
Mais je ne le vois pas.
KAUKNOFF, faisant des cJToris, couinic s'il lutiail contre quelqu'un.
Fous allez le foir... Ode ton jnhcnu... vilou !
GIROFLÉE, invisible.
Voulez- vous me lâcher !
KAUKNOFF.
Du ne m'éjabberas bas.
GIUOFLÈE, invisible.
Ah ! vieux rabbin.
(Koïknnrr, luiiani toujours, semble renverser Giroflée inviMble, sur un vitux baliul.;
ACTi: 11, DKIXIRMK TaBIFAî:. M:\■.^V. IV.
KARKNOFF.
Je de dicns... c'est inutile... du n? de d<>g.ichcrii> pis.
GIH0F1.FK, toujours itjvisiMp.
Au secours :
KAUKNOFF, lui (lounant des coups.
I.e jnbcaii... Oderas-lu le jabeau .' fiïnOFI.F.f:, apparaissant, et sortant du Ijshu!. Le voilà voire chapeau.
KAUKNOFF, !e liîMul ilii l.aliiit.