ACTE m, scÈr^K y
CHRISTINE
Quel est donc ce sujet?
conxEiLLi;.
Par un litre plus juste, Je devrais le nommer la Clémence d'Auguste.
CHRISTINE, Vous allez par ce choix courir plus d'un liasard : Moi j'ai bien du mépris pour ce premier César ; 11 de\int généreux quand Rome fut esclave, Kt dans Auy;usle encor je reconnais Octave. Mais n'iniporlc, parmi tous vos fragmens divers, D'un fragment préféré dites-nous quelques vers.
CORNEILLE
Lasse d'un triple poids, c'est le moment où Rome Commence à respirer sous le poids d'un seul iiom- Comme de l'univers, de lui-même vainqueur, [me. Auguste s'inteiTOge et demande à son cœur S'il doit punir Cinna qui contre lui conspire, Où s'il doit à Cinna sacrifier l'empire.
CHRISTINE
Du trône redescendre au rang de citoyen Est difficile; Auguste y demeure, et fait bien.
CORNEILLE dit quelques vers du monologue d'Auguste. Madame, j'ai fini.
CHRISTINE
C'est beau.
MONALDESCHI
C'est admirable!...
CORNEILLE
Monsieur...
CHRISTINE
Oh ! laissez-le, c'est un mal incurable. 11 croit toujours devoir, en courtisan adroit. Suer lorsque j'ai chaud , et trembler quand j'ai (Regardant sa couronne.; [froid.
Mais qu'aperçois-je donc? je crois. Dieu me par-
[donne, Qu'ils ont pour ma toilette apporté ma couroiuie. EBBA.
Madame, cette erreur...
CHRISTINE, la prenant.
C'est elle, la voilà.
Regardez donc, messieurs, connaissez-vous cela?
CORNEILLE
A vos regards, madame, ainsi qu'à ceux du sage, D'or et de diamans ce n'est qu'un assend)lage ; Mais en lui des grandeurs l'homme adore le sceau.
CHRISTINE, la rejetant.
C'est un hochet royal trouvé dans mon berceau.
MONAIDESCHI.
L'objet que sous ce nom votre dédain désigne. Du plus profond respect n'en reste pas moins digne, Et devant ce hochet nous nous humilions.
CHRISTINE
Je le crois bien, marquis, il vaut deux millions.
(Se levant.) Pardon, messieurs, le soin de ma correspondance
M'oblige d'abréger mes heures d'audience.
LA. C.VLPRENÈDE.
Pour votre majesté j'ai pourtant mis au net Certain rondeau léger, certain galant sonnet.
CHRISTINE
Vous m'enverrez les vers dont le tout se compose, Sur beau papier vélin avec un ruban rose.
(A Corneille.) Si vous restiez ici, j'aurais voulu ce soir Une seconde fois, monsieur, vous recevoir ; Mais près mon alchimiste il me faudra descendre; 11 m'a de beaucoup d'or déjà fait de la cendre : Il doit enfin ce soir, quadruplant mon trésor, De la cendre à son tour me refaire de l'or. Vous sentez qu'il me faut voir une expérience Où la nature dvit céder à la science.
Mais, loin des importuns dont l'aspect nous gêna , Venez me voir demain, vous me lirez Cinna.
(A son secrétaire.) Galdemblad , je renonce à votre ministère. Le marquis aujourd'hui sera mon secrétaire. Conduisez ces messieurs, marquis, et revenez.
(A Galdemblad.) Ah ! le coinrier du jour.
Le voici.
CHRISTINE
Bien, donnez.
Salut.
OOOOUOOQOOOOSCCOOCOCOOCOSOOOOOOUOOOOOOOOOOOOOOOOOCOe