MONTALÈGRE, BIROTEAU
Le 'Comte va ouvrir la porte «le la terrasse, et regarde ilans Ir jardin. Il pousse ensuite la porte sans refermer l'espagnolette.
MONTALÈGRE, à lui-même.
L'échelle est là... et le rendez-vous est pour minuit.
BIROTEAU
Eh bien! mon cher comte, vous me répondez donc de me fournir aujourd'hui même les moyens de me veng;er de la coupable et de son damné -cousin?
MONTALÈGRE
Auj< mrd'hui la vérité sera connue, et la coupable i mnie, je vous le promets.
BIROTEAU
Ah ! tant mieux 1 car je ne peux plus vivre
comme <a, voyez-vous ; je manque toutes mes
affaires „ parole d'honneur!... Ah çà! et votre
neveu, est-ce qu'il ne viendra pas nous re-
joindrt »?
MONTALÈGRE, se promenant.
Il se ia ici dans deux heures, avec ma berline
de voj 'âge... Sa blessure ne lui aurait pas permis
de fait « route comme nous.
BIROTEAU
Je « xois bien!... Quelle diable d'idée aussi, d'aller se battre au moment où il nous est le plus n écessaireî... et avec le premier venu, encore!. ,.
MONTALÈGRE, s'arrêtanl.
Un misérable attaquait devant lui la réputation di î la comtesse ; il a du cœur, il ne pouvait hésiter. »
BIROTEAU
Sans doute, sans doute,., c'est très-bçau d-e
sa part; mais avec tout ça, qu'est ce que !« vais faire, moi, à présent, sans lui, je vous le demande?
montai.ègre, continuant à se promenei . Rien, monsieur.
BIROTEAU
Vous vous chargez donc de tout?
MONTALÈGRE
De tout.
En vérité?... Vous tenez bien de votre neveu, par exemple! ... Quand une fois vous mettez les fers au feu... il parait que c'est dans le sang.. Se charger de tout dans une affaire qui ne le regarde pas le moins du monde, voilà des amis: ( Bfontalègre va s'asseoir. ) Et quelle habileté à combiner, à diriger cette intrigue!... D'abord, Ce voyage que nous sommes censés faire en Espagne, pour y traiter d'un emprunt, ce qui est trèsvraisemblable; car, de tous les pays, l'Espagne est sans contredit celui qui emprunte le mieux. Elle ne paie pas tout-à-fait aussi bien, à la vérité; mais patience, ça viendra peut-être... En attendant, j'ai vendu tous mes cortès avant de partir... Ah! et puis, ce conseil donné par vous à la perfide de passer le temps de l'absence a mon château du Loiret, avec la comtesse, parce que là on se croira plus libre, moins surveillée... Enfin, et voilà le comble de l'adresse, me faire écrire d'Orléans, par la poste, une lettre qui doit arriver à Paris bien et duement timbrée, pour annoncer notre départ immédiat pour Bayonne, tandis que quelques heures plus tard, nous devons monter à cheval pour rebrousser chemin, et tomber ici comme deux bombes... c'est-à-dire que c'est prodigieux !... ( Monlalègre impatienté se levé de nouveau, et va à la croisée. ) Qu'est-ce que c'est?... vous avez entendu quelque chose? MONTALÈGRE, se retournant brusquement.
-Non ; mais il me paraît au moins inutile d'écouter le récit de ce que j'ai fait moi-même, ou fait faire : et vous conviendrez qu'il faut avoir une cruelle démangeaison de parler!...
BIROTEAU
C'est vrai, je n'y pensais pas... C'est à la chambre que j'ai gagné ça.
MONTALÈGRE
On vient.
Vous croyez?... Voilà le frisson qui me prend. Ah ! c'est Louis.
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