VALÉRIEN, DIANE
DIANE, entrant.
Valérien ?
VALÉRIEN
Qui m'appelle ? ( Il se retourne. ) Mademoiselle Diane t
DIANE
Ah! tu es encore là; merci, mon Dieu! c'est toi que je cherchais.
VALÉRIEN
Moi!
DIANE
Oui.
VALÉRIEN , à part.
Qu'a-t-elle donc à me dire ?
diane , à part.
Il parlera je l'espère.
valérien, à part, en se rapprochant de Diane. Tâchons de découvrir quelque chose.
DIANE, de même.
Il faut qu'il me dise la vérité.
VALÉRIEN
Vous me cherchiez, mademoiselle? pourquoi donc?
DIANE
Parce que tu peux m'apprendre ce qui se passe au château.
VALÉRIEN
En vérité, je voudrais bien le savoir moi-même.
DIANE
Il s'y passe donc quelque chose d'extraordinaire ?
VALÉRIEN
Je ne sais; car moi, voyez-vous, je vais, je viens, je fais ce qu'on me dit; mais je n'y comprends rien.
DIANE
Peut-être comprendrais-je mieux, moi, si je savais ce qui s'y passe.
VALÉRIEN, à part.
C'est bien possible.
DIANB.
Tu te tais !
VALÉRIEN
Mais que voulez-vous que je vous dise?
DIANE
Écoute : tout-à-1'heure, quand j'étais avec ma grand' mère, tu es entré, on t'a fait taire.
Moi?
DIANE
Je l'ai entendu... puis, on t'a fait entrer là, où j'ai été te chercher... Tu venais donc dire à ma mère quelque chose que je ne devais pas entendre?
VALÉRIEN
Je venais tout simplement lui rendre compte d'un message dont elle m'avait chargé.
DIANE
Un message ! pour qui ?
VALÉRIEN
Ah I pour qui ?... c'est un secret.
DIANE
Un secret !... je veux le savoir 1
VALÉRIEN
On m'a défendu de vous le dire.
DIANE
Défendu de me le dire... (A part.) Il y a donc un secret entre ma mère et cet homme?... (elle réfléchit) un secret entre elle et lui, dont je suis exclue... ce n'était pas ainsi autrefois.
VALÉRIEN, à part.
Que dit-elle?
DIANE, à part.
J'ai peur de l'interroger, n'importe. (Haut.) Ainsi, Valérien, tu venais rendre compte à ma grand' mère, d'un message dont elle t'a chargé ?
VALÉRIEN
Oui.
DIANE
Pour quelqu'un que tu ne peux nommer?
VALÉRIEN
C'est cela.
DIANE
Et dont on t'a défendu de me dire le nom , surtout à moi?
VALÉRIEN
Précisément !
DIANE, avec éclat.
Oh I alors, c'était pour lui ! c'était pour M. Asthon I
VALÉRIEN, à part.
Que dire?
DIANE
Tu ne réponds pas! c'est donc vrai?... Mais, si c'est pour lui, il est donc en France ?
VALÉRIEN
Vous ne le saviez pas ?
DIANE
Il est en France !
Mais Mme la marquise vous lit les journaux tous les matins, et il y a t uFsz'i ours qu'ils ont ■"•us annoncé qu'il était venu su CoûsUiuei pMfdnnier.
DIANE, avec désespoir.
Prisonnier!... lui, lui! condamné à mort!... Ah ! c'est donc pour cela qu'on se taisait ?
VALÉRIEN, " l>nrt
Quel trouble et quel désespoir!
DIANE, égarée.
Prisonnier, lui!... mais ils le tueront, et mourrai déshonorée ?
VALÉRIEN, bas, à part.
Grand Dieu! qu'a-t-elle dit?... Ah! monsieur de Furières...
DIANE
Oh! mon Dieu! Léonard Asthon prisonnier... VALÉRIEN, entendant un bruit. lourd.
Une voiture!... celle que je devais rencontrer... M. de Ghivriet ses fils sans doute... Ah! fuyons! fuyons I qu'ils ne me trouvent pas ici, car leur vengeance serait juste.
Il sort avec précaution.
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