SCÈNE VI
SAR AH , seule , après une fausse sortie revient sur ses pas et va s'asseoir un instant sur un banc avec une physionomie égarée.
Où allais-je donc?... je ne m'en souviens plus... Ah! si! si!... Ce bel enfant... il m'attend, il pleure, sans doute. Oui !... je l'ai abandonne' pendant toute la nuit!... Mais qui l'a donc apporté dans notre cabane?... pourquoi l'ai-je trouvé là, tout seul, sur des feuilles sèches?... auprès de ma mèie morte?... ( Vivement.) Mais il doit avoir faim!... Ah! ma chèvre est la-haut!... courons! courons!
(Ritournelle. — Elle court pour monter la colline, et s'arrête brusquement en voyant les rosiers qui entourent le pavillon.)
CHANT
Voù;i des fleurs : qu'elles sont belles !
Pour lui je voulais en cueillir.
Emportons ces roses nouvelles.
(Ritournelle. — Sarah cueille des fleurs, puis elle s'arrête avec un mouvement de surprise et met son oreille a la porte du pavillon.)
( Vivement.)
Qu'ai-je entendu?... ces cris !... Entrons !... je veux
[ouvrir!
(Elle cherche à enfoncer la porte, qui lui résiste; alors elle force le volet de la fenêtre et saute dans le pavillon.)
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