SCÈNE XIII
IENNY, PATRICK, EFFIE.
JENNY , sortant de la ferme.
Quel bruit ! et quelle en est la cause ? Cessez un tapage pareil ; Et de mon père qui repose Respectez au moins le sommeil.
Ma sœur, on m'enlève à mon père !
JENNY
Que dis-tu?
VILLAGEOIS
Quel est ce mystère ?
JENNY
Vouloir i'arracber de mes bras !
Pourquoi '
PATRICE, à Jenny.
Me m'interrogez pas.
JENNY
Au nom du ciel !
PATRICE
Parlez plus bas!
(Il prend les deux soeurs par la main, les conduit au bord du théâtre, et s'adressant a Jenny. ) Le meunier du village N'a point fait de voyage, Et ceue nuit n'a pas Accompagné ses pas.
D'EDIMBOURG
JENNY
Quel i ii \ itèi e ! hélas !
r\ l MCE, ;'< Effie.
i le mensonge coupable Augmente les soupçons Dont !e poids vous accable.
JENNY , à sa sœur.
Réponds-lui donc, réponds
Que dire ?... ali ' misérable !
c\ i i.icic.
Avcz-vous a l'honneur Cessé d'être fidèle ?
JKN>iY.
Dieux !
PATRICE
Avez-vons le coeur D'une mère cruelle ''
JENNY , avec indignation.
Une mère !
EFFIE
( ' douleur !
PATRICE
Est-ce une calomnie?
I ii bi u it sourd se répaud Qu'un malheureux enfant De vous reçut la vie.
JENNY
;il désigne Effie.)
EFFIE
Ciel!
O mon Dieu !
EFFIE, avec force.
Poursuivez. JENNY.
Non, non, on vous abuse.
EFFIE
Je l'avoue... Achevez.
PATRICE, à Jenny.
El la rumeur publique en ce moment I accuse, Pour cacher ce forfait par un forfait plus grand , D'avoir... d'avoir secrètement Donné la mort à son enfant !
EFFIE, s'écriant et courant au pavillon. Quelle horreur!... il est là !... mon enfant !... mon cn-
[ Lut !
ENSEMBLE, très vif.
TOUS , hors Jenny.
Ah ! d'un crime semblable , D'un aussi grand forfait Elle n'est point coupable ; Sur elle on s'abusait.
JENNY
O ciel ! ma sœur coupable A l'honneur a forfait !
O malheur qui m'accaLle!
O terrible secret !
(On entend un cri de désespoir dans le pavillon. )
EFFIE, rentrant en scène, pâle et dans le plus grand
désordre.
Mon fils ! mou fils ! ah ! daignez me le rendre '.
Ma voix l'appelle en vaiu ! il ne peut plus u/enteudre!