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DEUXIÈME MÉDECIN

Eh! que pouvait le roi? l'opération avait été faite avant l'arrestation.

broghill, souriant.

Albinus était donc bien intéressé à ne pas laisser vivre cet homme.

albinus, s' avançant avec indignation.

Mylord, vous m'accusez d'un assassinat!

broghill, surpris.

Je ne vous savais pas ici , monsieur, et je suis prêt à rétracter mes dernières paroles; car je n'ai ni le droit ni le désir de suspecter votre loyauté; mais je suis lord Broghill , médecin particulier de sa majesté Charles II, et j'ai le droit de vous dire, monsieur, que votre inexpérience vous a permis d'entreprendre ce qu'an vrai talent vous aurait défendu d'oser.

ALBÏNÙS.

Les nombreuses réussites i ■■ m'avaient

enhardi, mylord.

UROUIIILL.

Les réussites de votre père ne sont que menson geS .

ALBINUS

Mylord !

BROGHILL.

Tout homme savant doit refuser d'y croire-, l'on ne peut rien , monsieur , sur l'organe de la vue.

ALBINUS

Suivez-moi donc à Francfort, et là...

broghill, l'interrompant.

Sans aller si loin, suivez-moi, monsieur, dans les prisons de la Tour, et je vous y montrerai le cadavre d'un homme que votre prétendue science vient de faire mourir.

ALBINUS

Mais, mylord...

bedfort, précipitamment.

Assez, messieurs, de grâce. Dieu dispose avant nous de la vie des hommes ; il y a des malheurs contre lesquels on ne peut rien. (A lord BroghiU.) Mylord, aurai-je l'honneur de vous avoir cette nuit à mon bal?

BROGHILL.

Oui, mylord, j'ai reçu votre invitation.

BEDFORT

Le roi d'Angleterre y sera.

BROGHILL

Comment avez-vous pu l'y décider, lui, maintenant si triste, si occupé?

BEDFORT

Je lui ai dit : Sire, demain commence le procè» des traîtres, permettez qu'avant de se charger du triste soin de venger Charles I'r, la noblesse puisse encore une fois se réunir autour de vous et se réjouir d'avoir Charles II pour souverain.

BROGHILL.

Et c'est une bonne pensée, mylord. A cette nuit. (Se retournant vers Albinus.) Vous, jeune homme, croyez-moi, étudiez encore, et songez que la science ne vient qu'avec l'âge. (A lord Bedfort.) Au revoir, mylord.

Il sort accompagné des autres médecins.

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