SCÈNE X
Les Mêmes, moins DJALLIà «THOMPSON; puis SAINT-VALL1ER.
ANDERSON
Général, un officier français, chargé pour vous d'une dépèche du général Washington...
ARNOLD
Un officier français?.. Qu'il entre !..
(Saint-Vallier entre.) SAINT-VALLIER.
Général , veuillez jeter les yeux sur ce message.
(Arnold prend la dépêche, l'ouvre et demeure
absorbé dans la lecture.)
CLARA
Qu'cntends-je?.. (Se retournant. ) Saint-Vallier!..
SAINT-VALLIER
Miss Clara!..
CLARA
Vous ici !
SAINT-VALLIER , bas à Clara.
Arrivé depuis un mois en Amérique, une consigne inflexible m'a toujours éloigné de Philadelphie; aujourd'hui, seulement, je puis vous voir et vous dire : Je suis ici pour tenir ma parole !
CLARA
Ah! vous arrivez trop tard!., on vient de m'arracher la mienne.
SAINT-VALLIER
Que dites-vous?..
ARNOLD , après avoir lu.
Oh! les infâmes !.. les infâmes!.. *
lecture.
Qu'est-ce donc?
ARNOLD
Cette dépèche m'enjoint de suivre le colonel Saint-Vallier à la citadelle de \\ est-Point Cette forteresse, oùje commandais comme gouverneur de la province, m'est assignée pour prison, J'y suis mandé pour comparaître devant une commission militaire qui doit me juger comme accusé de déprédations.
ANDERSON , à part.
Tout va bien.
ARNOLD
Miss Clara , M. Anderson, suivez-moi dans ce voyage... c'est sous les yeux delà cour martiale, que votre mariage sera célébré.
SAINT-VALLIER
Se peut-il? Clara la femme d'un autre !
Je vous l'avais bien dit que vous arriviez trop tard. (Saint-Vallier reste anéanti.)