ACTE IV, SCÈNE V
are la mienne... oui. cette fille d'un seigneur^ tourné la terre de vos jardins. *™rf*™>j£
anglais enlevée aa berceau... cette mère morte de douleur... ce sauvage, ce frère qui la cherche près des villes... oh! Natty, Natty, tu es mon frère !
NATTY
Ma sœur ! ma sœur !
(11 tombe aux genoux de Clara et embrasse sa main.)
Oh' maintenant, tu n'as plus besoin de me rien dire, Djallie m'a tout raconte... elle nignore que les noms!., je sais comment je suis tombée entre les mains du général Arnold, je connais ton noble dévouement a la mission don-
née par notre mère, je sais que tu m as sacrifie ta vie, je sais pourquoi je t'aimais avant de te connaître pour mon frère !..
NATTY
Ma sœur, ma bonne sœur!., ah! ce moment, ie l'aurais pavé du reste de ma vie !.. ma sœur!., je te vois, jeVembrasse , et je t'entends m appeler ton frère.
CLARA
Ah! toujours, toujours, et partout.
N ITT Y.
Toujours, partout, dis-tu? oh! non, cela ne se peut pas, et je ne suis pas fait pour un si grand bonheur.
CLARA
Que dis-tu?
NATTY
Je dis, miss Clara, que voici la preuve de votre naissance. Voici le papier par lequel le gênerai Hower vous reconnaît pour sa lille. Ce papier vous fait riche et puissante ; et parmi les ruses qu'il employait pour me tromper, le gênerai Arnold m'a dit une vérité que mon cœur a compris en gémissant; l'héritière d'un grand seigneur anglais ne doit pas avouer qu'elle est sœur et fille crime peau rouge; une femme qui va épouser un gentilhomme français ne doit pas faire connaître qu'elle appartient à celte race méprisée; Clara, j'ai juré à ma mère de faire ton bonheur; pour la dernière fois, tu viens de m appeler ton frère ; pour la dernière fois , ]e te dis merci ma sœur!..
CLARA
Eh ! quoi , tu voudrais nous quitter ?
NATTY
Te quitter!., oh! non... aujourd'hui, encore, les sauvages qui sont au camp des Anglais, et que j'étais allé trouver pour m'informer...
CLARA
Pour t'informer...
NATTY
Oh' de rien... ils m'ont demandé de reuevenir leur sachem, il m'ont offert de retourner avec moi dans les forêts, d'obéir à mes ordres, u exécuter mes moindres volontés, si je m engageais à ne jamais les abandonner; mais j'ai toutreluse pour vous suivre, pour vivre auprès de vous... pour être votre esclave... Oui, miss Clara, votre esclave, car je ne puis, moi, entrer dans vos salons etm'asseoir à vos tables ; il faut que tout le monde ignore nos liens... maisje vous servirai, miss Clara, je veillerai sur vous, je. vous verrai tous les jours, et quand j'aurai bien laboure le sol de vos champs, quanti j'aurai long-temps re-
lu passes près de moi, du regard seulement tu me nommeras ton frère, et je serai plus heureux que si j'étais le sachem le plus puissant.
CLARA
Oh! non, non, mon frère, devant tous, mon frère , partout. Saint- Vallier lui même sera heureux et fier de le donner ce nom , il le proclamera... oh ! qu'il vienne !.. je suis impatiente de tout lui apprendre... mais comment n'est il pas encore ici ?.. ce retard... quelque danger le menacerait-il?.. (Écoutant.) On vient... ce n'est pas lui!..
NATTY
(a part.) Déjà de retour... je
C'est Djallie.
tremble !