SCÈNE V
Les Mêmes, SMNT-V ALLIER.
SAINT-VALLIER
Il est avec vous, Clara!
LA Gl I nt'-l. Dl I.IM'MM NI>\V.I
Saint-Vallier !
(Clara pousse un cri et se jette dans ses bras.) N Al l V, bas à Saint-\ allier.
Se peut-il !.. Colonel... vous nous ries rendu !.. Vous n'êtes donc plus'.'..
SAINT-VALLIER
Silence !
CLARA
Ah ! mon âme, qui, il y a un instant, n'était pas assez forte pour la douleur, se sent trop faible maintenant pour tant de joie!.. S iim-\ allier, c'est toi!., c'est bien toi!., tu m'es rendu, je suis heureuse... Nous ne nous séparerons plir>.
SAINT-VALLIER
Oui, oui, ma Clara!., mon amour, ma vie, t'appartiennent désormais.
CLARA
Tu ne me quitteras plus ?
s \iyr-v allier, avec embarras.
Te quitter!.. Peut-être, pour quelque temps... si ma mission m'y oblige encore.
CLARA
Toujours cette mission?..
SAINT-VALLIER
Oh ! mais je reviendrai bientôt...
Oh ! oui, oui!., bientôt!., car ton absence, c'est la mort.
SAINT-VALLIER
Mais, dites-moi, Natty, que s"est-il passé durant mon absence? Le major André est toujours noire prisonnier?
NATTY
Toujours.
SAINT-VALLIER
Rst-il jugé, condamné ?..
\ VTTY.
Pas encore.
SAINT-VALLIER, a part.
Je respire!
NATTY
Mais il va l'être comme espion et fusillé immédiatement, selon les probabilités, puisque vous nous êtes rendu.
SAINT-VALLIER , pâlissant.
Ah! tu crois que le conseil...
NATTY
Cette nuit, vous le savez, le major André a saisi sur moi les papiers que vous m'aviez confiés. On les a repris sur lui, mais il en avait eu connaissance.
SAINT-VALLIER
Oui, j'ai été témoin moi-même de tout cela... et je ne pouvais les lui arracher...
NATTY
Vous concevez, alors, qu'il serait dangereux de le laisser vivre ; car, s'il s'échappait et s'il retournait au camp des Anglais, il pourrait, par ses révélations , compromettre le salut de l'armée. D'ailleurs, c'est un espion, et, chez les blancs, comme chez les peaux rouges, on punit les espions de mort. Voilà ce qui m'a été dit. (r.as et s'approchant.) Mais vous! vous, Colonel, on a donc en la générosité de vous rendre la liberté ? t&>>
min i-VAi t.irr.
Oui, oui... tais-toi. (Il parle bas à Clara.;
\ \ï n , a part.
Oui... oui... < V:,t singulier, il n'a pas fair lus satisfait pour un prisonnier qui échappe i la mort.
IU vi.l.ll., bas à Natty.
Il parle de la générosité des Anglais ; le récit nie parait invraisemblable.
THOMPSON, entrant.
Les membres du conseil de guerre vont se rendre ici, pour juger l'espion anglais.
s\i\ r-VALLIEB, à part.
Déjà!»
CLARA
Venez, Saint \ ailier, j'ai tant de choses à VOUA apprendre...
s\i\j-\ 1LLIER.
,b' ne le puis... il fout que je parle à Washington, à l'instant même... Natty, Djallie, je vous la ( onfie.
CLARA
Si vous iies forcé de repartir, vous me re- \; nez auparavant?
suvr-YAi.i.ir.n.
.le vous reverrai, ma Clara.
CLARA
Bientôt, n'est-ce pas?., et toujours?..
s\l YI-\ VLLIER.
Toujours'., a part.] Mais pas sur celte terre!..
(il baise la main île Clara, qui soit avec Djallie.) \ \ il i , à pari.
Il > a quelque malheur au fond de tout cela... je saurai ce que c'est. (Il sort.;