‹ Magasin théâtralChapitre 1366 sur 1377 · F OUSTE II · texte numérisé non relu

F OUSTE II

Assez ; voici l'heure du repos, (il fait signe a un tambour qui lait un roulement.) Rompez les

rangs.

(Les Soldats rentrent dans leurs tenles ou vont s'asseoir au fond du théâtre; les Sauvages restent en scène. Forster parcourt les groupes et sort.] LE SERGENT.

Goddem! ces damnés sont-ils durs à manier... ils lie se disciplineront jamais, c'est sur. Voilà un an qu'ils apprennent l'exercice , ils en savent autant que le premier jour. Oh! je ne connais pas dans le monde de tètes plus dures que celles des Canadiens en général cl des Rfohicansen particulier. (A l.'ncas.) Dis donc, toi, peau écarlate, qui parais le chef de ces espèces d'hommes, ils ne veulent donc pas apprendre à faire l'exercice?

UNCAS

A quoi ça leur servirait-il?

LE SERGENT

Comment, à quoi ça leur servirait ?.. mais à savoir faire la guerre comme il faut, et à tuer leur homme proprement...

UNCAS

Il n'est pas besoin d'apprendre tout cclapoiir bien se battre. La preuve , c'est que les Mohicans, depuis des siècles , de père en fils, ont su tuer les visages pâles, et qu'ils ne connaissent pas pourtant vos manœuvres.

LE SERGENT

Aussi, d'après ce qu'on nous a dit, ce doit être une belle guerre que la vôtre... pas la moindre tactique, pas d'ordre, pas de bataillon carré, pas de feu de peloton.

UNCAS

11 ne s'agit pas de tirer ensemble , quand on combat, il s'agit de tirer juste et à propos.

LE SEUGENT.

Ah ! sous ce rapport-là , je conviens que vous êtes forts. J'ai rarement vu un sauvage tirer un coup de fusil sans abattre une pièce; ça tient au coup-d'œil.. .aussi ils s'appellent entre eux OEil de faucon, Renard subtil et un tas d'autres noms aussi allégoriques qu'incohérens. Oh! tenez, décidément, vous n'êtes bon qu'à deux choses, à indiquer les chemins de traverse pour tendre une embuscade et à scalper les tètes d'Américains que vous avez canardés moyennant une honnête rétribution.

=<#* i \<:as.

C'est ce que nous avons fait. Mes frères et moi, nous avons apporté hier, à la tente du Gênéral, plus de trente chevelures américaines; nous venons aujourd'hui en demander le prix convenu.

LE SERGENT

.J'ai bien le temps de faire vos comptes dans ce moment-ci , m. us ne savez donc pas qu'on va se h. iltre d'un moment à l'autre'.' i \<; is.

Nous sommes tout prêts.

LE SERGENT

Parbleu, et nous aussi.... Mais vous ne vous doutez pas qu'il esl arrivé cette nuit un général américain qui a tourné casaque et qui vient avec vous... Même, entre nous, Mohicans, quoique je sois enchanté de la chose, je ne serais pas flatté de l'avoir faite, parce que, vous sentez bien... que je suis bête !.. je parle à ces gens-là comme s'ils avaient assez d'esprit pour me comprendre... Mohicans, ceci vous prouve que, comme nous sommes à la veille d'une grande bataille cl (pie vous pourrez encore fonctionner, on vous paiera le tout ensemble. Sur ce , comme c'est l'heure du repas, vous pouvez aller manger votre quartier de buffle, sans pain de munition , puisque vous voulez l'économiser ; et , si vous vous comportez bien, on distribuera à chacun un petit verre d'eau-de-feu , comme vous appelez l'eau-de-vic dans \oire baragouin. En avant, marche ! (Les Sauvages sortent.;

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