HENRIETTE, CINQ-MARS
CINQ-MARS
Ah! j'ai guetté le départ de Marion, et je puis enfin vous poindre tout l'amour...
LA VLAK : DE SRNNETERRE.
Il r Mil ET TE.
Jo vous altendai on icur de Cinq-Mars. Écou i , je a'ai point l'art de vos eoquellosdo Paris; jo suis franche, sans aucun détour, etjevaisvous faire tout do suite un aveu que, sans doute, vous n'êtes pas accoutumé à entendre.
cinq-mars, avec confiance.
Mon Dieu! si; ça m'arme tous les jours. {Sollicita.) Cet aveu, c'est que...
Henriette, timidement.
C'est que... je ne saurais vous ayner!
cinq-mars, stupéfait. Ah ! c'est particulier !
HENRIETTE
Je rends justice à votre caractère noble, généreux; mais quand vous saurez qu'un attachement antérieur.. .
»> CINQ-MARS
^^Attachement?
i!i:jmetti:, d'un ail'' pénétré.
Un amour profond et malheureux! le seul que j'aie jamais éprouvé»., et qui dispose de toute ma vie.
cinq-mars, virement. ,
Pas un mot de plus, belle daine ; un amour malheureux... vous qui méritez les adorations [...N'importe, je dois respecter un attachement antérieur ; c'est sacré pour un galant homme. J'avais cru, d'abord, et naturellement... une veuve, c'est tout simple, c'est reçu. Je n'en suis pas moins flatté, d'une confiance qui... que.., et j'ai bien l'honneur de...
'henriette , l'arrêtant d'un geste.
Un moment; je vous ai dit que j'avais beaucoup d'amitié pour vous... je veux vous en' donner une preuve. (Après une pause.) Vous aimez Marion? cinq-mars, avec feu.
Si jcl'ainie!... j'en suis fou! non que je ne fusse aussi très-amoureux de vous... tout-à-l'heure, certainement-.mais votre aimable franchise. ..Dès que j'ai su qu'il n'y avait rien à espérer, j'ai retrouvé toute ma tendresse pour Marion , plus forte que jamais. C'est le propre d'un amour véritable.
Eh bien! si vous n'y prenez garde, elle vous sera enlevée.
CINQ-MARS
Marion ! qu'est-eeque vous mcdites-là? (A part.) Elles m'échappcraienltoulesdeuxàlafois! (Haut.) Enlevée! et par qui?
HENRIETTE
C'est la seule chose qu'elle ne m'ait pas confiée.
cinq-mars.
Elle ne m'aime donc pas?
Henriette, en confidence.
C'est-à-dire qu'elle vous adore; elle en devient triste, malheureuse...
CINQ-MARS
Elle, si gaie?
HENRIETTE
Elle cherche à s'étourdir devant le monde; mais, en sçci ■'., elle pai e sa vie dans les larmes.
ClNQ-M.iltS.
■ unir fille! je lui en sais bien bon gré Henriette, lentement.
Mais a côté de son amour pour vous ( c'est peutêtre une faiblesse), elle a une ambition, une idée fixe, qui ne la quitte plus. Elle voudrait un rang, un titre, un nom, qui la replaçât dans le monde d'une manière honorable.
CINQ-MARS
Ah! sa folie de mariage qui lui reprend! impossible!... Je lui ai dit : « Ma chère, loutco que tu voudras, mon. cœur, ma fortune; mais un mariage sérieux! oh! oh! serviteur Diable! diable! ma famille; le roi lui-même.» ( A mi-voix.) Et puis, entre nous, on n'épouse pas tfarion.
HENRIETTE
Hum! il y a peut-être des gens plus hardis que vous.
CINQ-MARS
Vous croyez?
HENRIETTE
Je n'y connais rien, moij mais elle n'aime que vous, c'est clair ; mais sa fierté est blessée de voir que vous lui refusez la seule preuve d'amour qu'elle ambitionne. Un autre, moins aimable, peut luioffrir ce réaliser son rêve favori: avec un titre, un nom, une fortune immense ; et il ne faut qu'un moment de dépit pour qu'elle s'immôleet accepte le nom, le litre et la fortune!
CINQ-MARS, agité
Ce serait horrible, épouvantable!... Mais cela ne •se peut pas! Quel est l'homme de la cour qui oserait s'afficher publiquement?
HENRIETTE
Publiquement, non; mais n'y a-t-il pas toujours des Moyens de s'assurer de la main d'une femme, «ans mettre toute la ville dans sa confidence?... Une •chapelle voisine, un prêtre qui serait averti au mo ment où l'on seraitparvenu à vous éloigner. .. cinq-mars, frappé.
LIu mariage secret ?
HENRIETTE
Je n'en sais rien.
cinq-mars, vivement
Si fait! vous le savez, c'est positif... c'est un projet arrêté... Quelle indignité ! quel infàmeguetàpens!... Chut! quelqu'un ! nous reprendrons cela.