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SCÈNE IX

SENNETERRE, seul et stupéfait.

Épouser ma femme! celui-là passe tous les autres; et elle a pu consentir... Elle' est libre, c'est vrai; mais fouler aux pieds toutes les convenances... Ainsi donc, ce regard qui m'avait séduit, ce regard plein de trouble, d'émotion, dans lequel j'avais cru retrouver nos premiers temps d'amour et d'ivresse ; ce n'était que mensonge, tromperie, duplicité. (Jetant les yeux sur le bouquet qui est sur la table. ) Et ce bouquet qu'elle m'avait donné comme une faveur, une justification. (Le prenant avec fureur.) Ah I je veux, l'écraser, l'anéantir ! \S' arrêtant.) Que vois-je, au milieu deces fleurs? un billet! celui de Cinq-Mars sans doute! ( L'ouvrant.) Oui, vraiment... ab ! (Lisantavec agitation.) « Ma généreuse amie, j'ai suivi vos conseils; dans » une heure, celle que j'aime sera à moi. » (Avec rage et s' interrompant.) Celle que j'aime! (Continuant.) « Puissiez-vous bientôt jouir du même bon- »heur; puisse cet amour profond, le seul de votre » vie, ramener à vos pieds l'ingrat qui vousoublie.» Qu'est-ce que cela veut dire? cen'estdonc pas lui? « Cet amour profond, le seul de votre vie'. (Avec espoir.) Ah ! s'il était possible! si je m'étais abusé ! Oh! non, non, je ne me trompe pas; je suis encore aimé ! Henriette ! Je veux la voir, lui parler à l'instant, (î oyant entrer une femme en domino.) Ciel ! Marion !

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