‹ Magasin théâtralChapitre 183 sur 1377 · UN DES GARDES · texte numérisé non relu

UN DES GARDES

Le pauvre homme En est sans doute encor, maître, à son premier Et rêve en ce moment que Jupiter Stator [somme, Pour enseigne lui fait don de sa barbe d'or.

PROTOGÉNE.

Raison de plus, s'il fait un rêve sacrilège,

Pour l'éveiller! holà! la porte.

un nus gardes, s' apprêtant à frapper du pommeau de son épée.

Enfoncerai-je?

l'i IhiIiis ok\ ri' sa fcnct re.

PROTOGÈNE.

C'est heureux à la fin '. Eh!

BIBULUS

Que me voulez-vous?

PROTOGÈNE.

Au nom de l'empereur, à l'instant ouvrez-nous.

BIBULUS

Pardon, maître, on y va.

Il referme sa fenêlrc. Au même moment, la pnrie <lr

Messaline s'ouvre, et une rsclave nubienne passe la tête

et examine ceux qui sont dans la rue.

PROTOGÈNE.

N'attendez pas qu'il sorte, Et dès qu'il paraîtra sur le seuil de sa porte Saisi ez-le chacun par un bras.

les deux gardes, exécutant i ordre. Viens ici.

BIBULUS

Maître! au nom des Dieux, que veut dire ceci? Pauvre, obscur, inconnu, de race populaire, Je n'ai point de César encouru la colère; Maître, songez-y bien, cela ne se peut pas.

PROTOGÈNE.

Le regard de César ne descend point si bas; Il porte au ciel un front radieux et superbe, Et c'est à d'autres yeux à regarder sous l'herbe Si quelque insecte impur, vainement épié, Ne rampe pas vers lui pour le piquer au pié.

bibulus, vivement.

Oui, César est un Dieu! Jupiter est son père, Diane est son épouse, et chacun sait, j'espère, Que jamais par un mot ma folle impiété N'osa porter atteinte à sa divinité.

Je jure par César et par sa sœur Drusille Que l'Empereur n'a pas d'esclave plus docile Que le pauvre barbier qui, courbé devant vous, De sa bouche tremblante embrasse vos genoux.

protogène.

Aussi n'est-ce pastoiquidoiscraindre àcetteheure.

bibulus, se relevant .

Oh!

PROTOGÈNE.

Non; mais on m'a dit, barbier, que ta demeure, Toujours pleine de beaux qu'attirent tes talens, Était le rendez-vous de jeunes insolens Dont la langue imprudente, en ses discours frivoles, Critique de César les faits ou les paroles.

BIBULUS

Et qui donc oserait à Rome, sans terreur, l'ai 1er imprudemment du divin Empereur?

protoge ne.

Je ne sais; mais malheur à qui prend tant d'audace. Je vais dans ta maison nf établir à ta place; Je suis à mon souhait servi par le hasard : N'est-ce pas aujourd'hui que triomphe César? En cette occasion, la foule, ce me semble, Avide Hé sp'ectacler, au Forum se rassemble.

Autour du mille d'or, centre de l'univers, Il se presse en ce ''as tant île peuples divers,

Que peut-être, en planant sur ce confus mélange, Au vol j'arrêterai quelque parole étrange,

Telle, Ql'aSSUre-t-On , que l'écho quelquefois Autour (le ta maison en dit à demi-voix.

BIBULUS

Fais à ta volonté, car César est le maître. César, comme les Dieux, a droit de tout connaître, César distinguera le crime de l'erreur, Vive César! César est un grand Empereur. protogexe, entrant chez Bibulus.

Allez!

Les gardes emmènent Bibulus, Protogène referme la porf.

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