SCENE VI
PHILIPPE, ADNEZ.
pbilippe, égaré et très-faible.
Pauvre esprit! je révais que j'étais roi de France, Mes soldats fuyaient tous; mon peuple gémissant Et massacré roulait dans une mer de sang; Et mon fils était mort, et du sein des ténèbres Mille clartés erraient parmi des chants funèbres; Un char portait le corps, je le suivais en deuil, Et la pluie à torrens tombait sur le cercueil; Alors tout a cessé, les clartés s'éteignirent, D'un sourd gémissement les voûtes retentirent, Et dans la terre humide et froide ils l'ont posé, Mon enfant! mon amour! là mon cœur s'est brisé. Et puis, que m'a-t-il dit, le chambellan : Marie ! Déjà la malheureuse a payé de sa vie...
Il se couvre le visage avec ses mains. adnez, s' approchant.
Sire, daignez sur moi porter votre regard. Grâce ! grâce! sauvez la reine.
Il est trop tard.
ADNEZ.
Non, il est temps encore : un ministre perfide A surpris à vos mains un arrêt parricide; Il est temps, prévenez des remords superflus. La reine va mourir!
PUILIPLE.
La reine ne vit plus !
ADNEZ.
Fatal égarement !
PHILIPPE
J'ai signé, c'est justice.
Je l'aimais cependant. C'en est fait ! son supplice Est fini ; mais le mien, combien va-t-il durer? Tourmens arides! ah! si je pouvais pleurer! C'en est trop! sous ta main, Dieu jaloux, je suc-
[ combe.
Une douleur encor sur ma tète, et je tombe... Mais quel trouble nouveau!... c'est le son du adnez. [beffroi!
Tout mon sang, vers mon cœur, s'est relire d'effroi. La reine!... ah! je frémis. . Son ennemi sans doute
Prévient pour la frapper le soleil qu'il redoute, El profite d'un trouble à dessein excilé. Allons, du moins, allons mourir à son coté!
11 sort, le bruit augmente.
Philippe, n'animnni avec effort; il se lève et chancelle.
Je me sens ranimer au bruit du double oragel ('■ronde, foudre du ciel! toi, révolte, courage! Qui vient?... mon chambellan , l'arme au poing, Brave et bon serviteur! [éperdu !
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