‹ Magasin théâtralChapitre 318 sur 1377 · SCENE YJl · texte numérisé non relu

SCENE YJl

DE GCjIBERX. HERMINIE, RAYMOND.

RAYMOND, qui est entré eu lisant un papier, lèse les yeux et aperçoit Herminie et Guibert. Ah! bonjour, ma petite sœur: (Donnant la main à Guibert.) Bonjour, mon cher Guibert. HERMINIE.

Vous avez fait bon voyage ?

nnuo.ND.

Excellent !

HERMINIE

J'en suis ravi»1 , et je le suis, surtout , de vous voir !.. vous savez qu'il y a long-temps que je ne vous ai rien demandé...

Je le crois bien... j'arrive !..

HERMINIE

Aussi, j'ai deux pétitions ù vous adresser!., deux!., ça vous étonne!

RAYMOND , souriant.

Non, parbleu... ce qui m'étonnerait, ce serait si tu n'en avais pas!..

HERMINIE

La première... mais je vous préviens d'abord qu'elle ne compte pas... c'est pour un ami... une personne de celte ville... M. Coqtienet!

De Guîb«rt, C«qu< i«1 , Hemume.

' l>- <j, ;:i<\! Il ■imi-..-!c-, Coqueoet.

RAYMOND

LA CALOMNIE

II ERMI ME.

Coquenct!.. justement... (Montrant le papier qu'il tient à la main.) J'élais à lire sa pétition... une pétition qui m'a été remise au moment de mou arrivée!..

HERMINIE

H demande la place de receveur.

r.vymond, montrant la pétition. Je le vois bien !

DE GUIBERT

Que sollicite aussi un M. Raboardin , mais Coquenet... est notre ami...

HERMINIE

Un ami intime...

RAYMOND , avec intention.

Que tu connais... tu es sûre de le connaître ?..

HERMINIE

Pas beaucoup!., mais mon mari...

RAYMOND

Tu me permettras alors d'attendre de plus amples informations... car quelqu'un de ce pays... quelqu'un tout-à-fait désintéressé dans la question, m'a fait, sur lui, un rapport très défavorable...

HERMINIE

Quelqu'envieux!..

RAYMOND

Il n'en avait pas l'air... quoique paraissant le connaître mieux que personne, il y a mis une discrétion... enfin, comme je te l'ai dit... je m'informerai , et saurai qui de vous deux à raison... voyons maintenant ta demande principale!..

HERMINIE

Nel'avez-vous pas devinée... le peu de mots que vous a dits mon mari... la tendresse que j'ai pour lui... et que vous prenez pour de l'ambition...

Je comprends... c'est toi qui lui as donné ces idées de pouvoir.

HERMINIE, avec câlinerie Eh bien! oui... toute ma joie, tout mou orgueil, serait de le voir'votre collègue... RAYMOND , imitant son ton.

Eb bien! non... ce n'est pas possible...

HERMINIE

Et pourquoi donc?., il est capable ou il ne l'est pas?

RAYMOND

C'est évident! voyons le dilemme?

HERMINIE

S'il est capable... faites-le nommer...

RAYMOND

C'est juste... et s'il ne l'est pas?..

HEr.Ml.ME, vivement.

Raison de plus... car vous l'êtes, vous!., et vous ordonnerez, vous gouvernerez sous son nom... tout n'en ira que mieux... il y aura, enlin, unité dans le gouvernement...

RAYMOND

Le raisonnement est supérieur et je n'ai rien à y répondre , qu'un seul mot: Non.

HERMINIE , aveccolère.

Vous osez dire: Non...

RAYMOND , froidement.

Je l'ose , et je t'engage même à ne plus m'en parler... et à n'y plus penser.

Moi, j'y penserai toujours... je vous en parlerai sans cesse , et il faudra bien que vous cédiez, ou je dirai partout de vous un mal affreux.

RAYMOND

Permis à toi... et tu trouveras de l'écho... il ne manquera pas de monde pour faire ta partie.

HERMINIE

Ils font bien... ils ont raison... je suis de leur avis... c'est indigne de traiter ainsi sa sœur... une sœur qui vous aime...

DE GUIBERT

Il est de fait , mon beau-frère , que vos procédés envers nous...

RAYMOND

Ettoi aussi... qui t'en mêles?., c'est charmant d'être ministre... on vous accuse de tout immoler à votre famille , et votre famille se plaint qu'on la sacrifie...

HERMINIE

Ah ! j'aurais plus de pouvoir, plus de crédit sur vous, si au lieu d'être sœur... j'étais voire pupille... (De Guibert lui fait signe de se taire.) RAYMOND.

Sans contredit, car situ étais Cécile, tu ne demanderais que des choses raisonnables.

HERMINIE

Raisonnables ou non , je serais sure de les obtenir...

DE GUIBERT . à demi-voix.

Ma femme, au nom du ciel... (Haut et pour rompre la conversation.) Voici toute la société des bains qui se rend au salon , car tous les soirs on fait de la musique.

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