‹ Magasin théâtralChapitre 329 sur 1377 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

COQLE.NET, LUCIEN, MB« DE SAVENAY.

COQUENET, après l'avoir saluée.

N'est- ce pas M"" la marquise de Savenay que j'ai l'honneur de saluer?..

de savknay, avec hauteur.

Moi-même, Monsieur...

COQUENET.

Mademoiselle votre nièce. . . ou votre cousine. . . n'est pas ici ?* Je l'aime autant. ..je n'aurais petit être pas osé m'adressera elle... tandis qu'à vous, Madame; je le préfère.

Mmc DE SAVENAY, de même.

Pour quelles raisons... qu'y a-t-il?

COQUENET.

Vous voyez, Madame... quelqu'un qui n'espère qu'en vous... un père de famille indignement calomnié... car la malignité n'épargne personne...

M"" DE SAVENAY

A qui le dites-vous?..

COQUENET.

Je le sais, Madame, je sais tout ce qu'on a dit sur Mllc Cécile, voire nièce...

LUCIEN

Et vous n'avez pas craint de le répéter hier soir, à moi, Monsieur, qui connais ces dames... COQUENET, vivement.

On me l'avait dit, Monsieur, je vous le jure... mais j'étais dans l'erreur, je me trompais... je le reconnais, maintenant...

LUCIEN, avec joie.

Est-il possible ?

Mmc DE savenay , à Lucien , d'un air de triomphe.

Eh bien ! vous le voyez , Monsieur, il n'est pas si difficile d'éclairer ces gens-là !..

LUCIEN

Parlez, de grâce... je vous écoute?..

COQUENET.

C'est tout ce que je demande... (Passant entre eux deux.*) Eh bien ! Madame, je sollicitais une place , où j'avais des droits , et que j'allais obtenir, lorsque M. Rabourdin, mon concurrent, m'a représenté, au Ministre, comme un homme sans cnpacité , sans talent, sans considération... oui, Monsieur, lui, mon concurrent... lui-même!, i c'est connu de toute la ville... chacun vous le dira, car je ne m'en suis pas caché... et quoiqu'il arrive, c'est un homme perdu de réputation... Aussi, moi , < pi vous parle, j'aimerais mieux ne pas avoir de place... que de l'avoir à ce prix-là... mais enfin on m'attaque... je dois me défendre... vous comprenez, et c'est pour mon honneur, maintenant, que je liens à être nommé , pas pour autre chose.

lucien et Mmc de savenay , avec impatience.

Eh bien ! Monsieur?..

• I.'.u "", Coquenet, Mme àr Savenay,

LA CALOMNIE

COQUE NET

Je m'étais d'abord adressé a Mme de Guibert, la sœur du Minisire, dont le crédit a éeboué... et alors... j'ai eu l'heureuse idée d'implorer votre protection toute puissante...

M"" DE SAVENAY

A moi, Monsieur, qui n'ai aucun pouvoir...

COQUENET.

Cela vous plaît à dire... (Hésitant.) Mais vous savez mieux que moi... et nous savons tous, que par Mademoiselle votre nièce...

LUCIEN et Mme DESAVENAY.

Comment ?

COQUENET.

Vous pouvez tout sur elle... qui peut tout sur le Ministre... témoin encore ce matin... ces places nombreuses qui ont été accordées par M"e Cécile, à votre recommandation...

Mme DE SAVENAY , avec indignation , voulant

parler.

Monsieur !..

COQUENET, continuant plus vivement.

Témoins, ces quinze mille francs de pension que vous avez obtenus pour vous-même...

Mme DE SAVENAY, avec colère.

Quinze mille francs !..

LUCIEN, de même, à Mm9 de Savenay.

Otez-leur donc , maintenant, de l'idée !.. (Lucien remonte le théâtre et redescend à droite près de M'"e de Savenay.*) COQUENET , continuant toujours.

Et pourquoi, je vous le demande, refuser votre protection à un honnête homme... à un père de famille... vous ne l'aurez jamais accordée à quelqu'un qui vous soit plus dévoué, plus reconnaissant... (Baissant la voix.) et s'il le faut même... s'il faut des sacrifices...

Mme DE SAVENAY, poussant un cri d'indignation. Ah! je suffoque... je me trouve mal... etquand je devrais traduire celui-ci devant le procureur du roi...

COQUENET , étonné.

Moi, mon Dieu! que vous ai-je donc fait?..

LUCIEN, ù demi-voix et avec impatience.

Eh ! Madame ! comme je vous l'ai dit... vous voyez bien qu'il n'a pas cru vous offenser, qu'il est de bonne foi, et ce qu'il y a de pire, c'est qu'il n'est pas le seul...

COQUENET.

Ils me l'ont tous conseillé... et Mme de Guibert m'a dit : « Mon cher protégé , je ne puis rien pour vous... mais voyez ces dames, qui ont tout pouvoir... c'est la seule manière d'arriver...» Après cela, si je m'y prends mal... excusezmoi?..

Mme de SAVENAY, se contenant à peine.

Ah ! c'est de Mra<: de Guibert que vient tout cela?..

LUCIEN , à demi-voix.

Modérez-vous, de grâce... elle est avec son mari et avec un étranger...

M"" DE SAVENAY

Tant mieux, plus il y aura de témoins, plus le démenti sera éclatant... et voici l'occasion que j'attendais pour les faire rentrer tous dans la

* Coquenet) Unie de 5*vci>»y, Luciciii <

■^poussière... soyez tranquille, ce ne sera pas

Ion".

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