LE COMTE, AGNÈS
le comte, arrêtant Agnès.
Non, non : vous resterez, madame I =Car je veux vous parler à votre tour,.. 0 femme t Vous êtes belle!... oh! oui, belle, et de votre œil
[noir Sur votre faible amant je comprends le pouvoir; Votre voix est d'un ange ou d'une enchanteresse; Etjecomprendsencorqu'elleordonneenmaîtresse.
Eh bien ! sur mon honneur, pour vous il vaudrait
[mieux Qu'un fer rouge eût éteint votre voix et vos yeux...
AGNÈS
Oh ! que me dites-vous ?. ..
LE COMTE
Car c'est à leur puissance Quedoiventles Français les malheurs de la France; Et Charles, l'insensé ! se soumet à leur loi Comme à celle de Dieu! La maîtresse d'un roi, De la sphère élevée où son pouvoir la range, Peut devenir d'un peuple ou le démon ou l'ange : Vous pouviez de la France être l'ange; mais non:
Vous avez préféré devenir son démon t
Oui, grâce à votre amour adultère et fatale,
Aujourd'hui l'Occident a son Sardanapale!
La faible monarchie, à ses derniers momens,
Se débat, étouffée en vos cmbrassemensl...
Eh bien ! quand sous les coups que votre main lui
Elle sera tombée, et qu'on la croira morte, [porte
Que l'Anglais en viendra partager les débris,
C'est alors que partout vous poursuivront ses cris:
Vous fuirez ; mais dans son agonie, un royaume
Se débat plus long-temps que ne le fait un homme! [
Le feu de nos cités sera votre flambeau ;
Vos pieds à chaque pas heurteront un tombeau...
Vous fuirez, vous fuirez sans que rien vous arrête,
Car vous ne saurez plus où poser votre tête!
AGNÈS
Grâce! grâce !...
LE COMTE
Nos fils... ce qu'il en restera ...
En vous voyant passer, de ses cris vous suivra ; Les mourans pour maudire à leur heure dernière, Accoudés sur leurs lits, rouvriront la paupière, A leur voix se joindra la voix de votre cœur, Et tous ils vous criront : Malheur à vous! malheur !
agnès, à genoux.
Monseigneur, il n'est rien qu'un repentir n'efface; Cela ne sera pas, monseigneur... grâce! grâce!... Oh! tout n'est pas encor si bas que vous croyez, Et la main qui blessa peut guérir!
LE COMTE
Essayez !