‹ Magasin théâtralChapitre 448 sur 1377 · LE 1>A1UA. ACTE · texte numérisé non relu

LE 1>A1UA. ACTE

li s'arroge une part dans leur divinité; Il voit comme un néant la faible humanité; 11 se trouble à l'éclat de sa grandeur suprême; Il s'impose, il s'adore, il a foi dans lui-même. J'irai le détromper.

Parlez plus bas ; les vents Peut-être à son oreille ont porté vos accens.

IDAMORE

C'est mon vœu, mon espoir! eh bien, qu'il se présente,

Qu'il vienne de mes bras arracher mon amante !

Déjà contre le mien son pouvoir s'est heurté :

11 crut, dans ses complots contre ma liberté,

Me trouver a ses dons une vertu facile ,

Ou briser mon orgueil comme un roseau fragile ;

J'ai repoussé les dons que présentait sa main ,

Et son joug s'est rompu contre ce front d'airain.

NÉALA.

Quel triomphe pour vous ! quelle vertu sublime, D'insulter aux objets d'un culte légitime ! De la nature au moins n'outragez pas les lois. Parlez, si votre père eût réclamé ses droits, Auriez-vous méconnu sa voix auguste et chère ? S'il respirait encore...

IDAMORE

11 vit! ah ! je l'espère!

Il vit !... De quel malheur viens-tu m'épouvanter ! Excuse des transports que je n'ai pu dompter. J'ignore l'art trompeur, inventé dans les villes, D'enchaîner à son gré ses passions dociles. Les lois, les vains égards , les devoirs convenus , M'ont chargé de liens jusqu'alors inconnus. Jeté, farouche encore , à travers ces entraves, Je frémis sous leur poids, léger pour des esclaves. Oui , jusque dans tes fers ton amant a porté Des monts qui l'ont nourri la sauvage âpreté. Si tu me connaissais , si jamais ma naissance... Ah ! je dois respecter ta juste obéissance ; Poursuis, affranchis-toi d'un sacrilège amour. NÉALA.

Qui que tu sois , mon cœur est à toi sans retour.

IDAMORE

Sais-tu , fille d'un brame, à qui ton cœur se donne ?

NÉALA.

Le trône de Delhi que la gloire environne , Dut-il de mes splendeurs rendre les rois jaloux , Un désert avec toi m'aurait semblé plus doux.

IDAMORE

Lu désert ! ah ! qu'entends-je ? ah ! vierge infortunée , Dans le fond des déserts pourquoi n'es-tu pas née .

Ou pourquoi les destins, contre nous irrités, Ne m'ont-ils pas fait naître au milieu des cités? C'est trop me déguiser sous l'éclat qui t'abuse , A tromper plus longtemps ma fierté se refuse; Connais-moi tout entier...

NÉALA.

Idamore, écoutez:

On s'avance vers nous à pas précipités; C'en est fait ! sauvez-moi.

IDAMORE

Quel mortel las de vivre , Te voyant sous ma garde , osera te poursuivre. Viens... Mais c'est un ami , c'est un guerrier chrétien A qui j'ai révélé mon secret et le lien , Qui veillait sur tes jours.

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NÉALA, IDAMORE, ALVAR.

ALVAR

Fuyez. L'aube nouvelle Ramène à sa clarté tout un peuple fidèle. Ces bois vont retentir des hymnes du matin , Et du concert pieux j'entends le bruit lointain. ( Ici les premières mesures du chœur. ) IDAMORE.

Quoi ! sitôt !...

NÉALA.

Ah! fuyez.

IDAMORE

Vous reverrai-je encore?

NÉALA.

Peut-être.

IDAMORE

Accordez-moi la faveur que j'implore, Et je pars.

NÉALA.

Eh bien!... oui.

IDAMORE

Demain, au même lieu.

NÉALA.

Demain.

IDAMORE

Vous le jurez?

Oui , mais fuyez...

IDAMORE

Adieu

LE PARIA. - ACTE I

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