SCÈNE YIII
Les Mêmes, LE DUC D'YORK.
LE DUC DTORK.
S'élanç.int vers le roi.
Mon frère! où le trouver?... Mon Edouard!
Edouard , en l'embrassant.
C'est toi. Toi, Richard!
le duc d'york.
Le premier. Vois, je suis hors d'haleine J'ai couru ! pour ui'alteindre on eût perdu sa peine :
A Gloce.-ter.
Je venais t'embrasser. — Mon oncle, c'est bien lui; C'est lui ; je le revois. De retour aujourd'hui, Tu ne t'en iras plus? non, jamais?
EDOUARD
Je l'espère.
le duc d'york, lui tendant les bras.
Jamais. Ahl que je t'aime. Encor, encor !
Edouard.
Mon frère !
En b'e»bra<seut de nouveau.
froesee 9oosac seecooeoaoooaoooeftgooaoftsocoooa SCÈNE 1\.
Lbs Mêmes, ELISABETH, LE CARDINAL BOURCHIER , L'ARCHEVEQUE D'YORK , La Coun, puis TYRREL.
clocestep. , prenant la reine par la main et lu
montrant les princes.
Regardez., milady : quels transporta que les leurs ! Ce spectacle touchant m'attendrit jusqu'aux pleurs.
EDOUARD
Ma mère, enfin, c'est vous !
Oui, mon fils, ntii , tanière Cille qui te chérit, dont la douleur arrière De sou pauvre exile rêvait, parlait toujours, Qui soulliait de tes maux, qui consumait ses jours A trembler pour les tiens, à pleurer, à se plaindre, Qui pleure, mais de joie, et n'a plus rien à craindre.
LB W i: I>YOItK.
C'est votre favori.
Élisabbtit, souriant.
Jaloux !
LE 1 DC b'tOBK.
Non pas jaloux ; Bien heureux!
ELISABETH
Ah! tene/., tenez. ; parla^cz-THis Tous ecs gages d'amour passant de l'un à l'autre , Mes transpoits, mon bonheur qui s'accroît par le vôtre. Je veux de mes baisers vous couvrir, à la l'ois,
AGInce-ler.
Tenez!... Pardon, milord ; il fut absent d'-ux mois.
GLOCESTER
On vous pardonne tout, hors la crainte insensée Qui de fuir votre fils vous donna la pensée.
Elisabeth, à Edouard.
Te fuir!... Quoi ! je l'ai fait. Ali ! j'en ai bien souffert Aussi, quand Buckingham à nos veux s'est offert, Quand j'ai lu cette lettre et si bonne et si tendre...
EDOUARD
Ma lettre ?
Elle est charmante. Alors, sans rien entendit Je voulais devancer nos pontifes sacres. Se tournant vers les évêqiies.
Que leur zèle pieux les a bien inspires !
A Glocester.
Que de remercîmens je vous dois à vous-même,
Aux seigneurs de Jac.nr.
A vous, miloids, au peuple! Edouard, comme il t'aime Tous bénissaient ton nom ; leur supplique à la main, Tous de leurs vœux pour toi m'assiégeaient en chemin
Montrant les |>1.irets iiu'iin des lords à places sur la table.
Vois ce que je t'apporte.
GLOCESTER
Encor du bien à faire.
Du mal à réparer !
EDOUARD
Voyons !
LB DUC D'YORK
C'est mon aflane.
ELISABETH
C'est celle du rc'gcnt.
GLOCESTER
Richard a plein pouvoir.
LE DUC d'tOBK.
Bon! le trésor public y passera ce soir.
Faites beaucoup d'heureux, pourtant pas d'imprudences.
LES I.NIANS 1) I.DUUAIU).
LE une d'york, assis près de la table, et distribuant
les*pélitions aux seigneurs et aux prélats qui
l'entourent.
Pour vous , milord , pour vous , et pour leurs emi-
Tont ce qui reste a moi ! , [nenecs !
Elisabeth , à Edouard.
Mes ennuis, mon chagrin, Les as-tu partages?
le duc d'york , d Glocestcr.
Ah ! mon oncle, un marin , Pauvre, manquant de tout...
GLOCESTER
J'accorde cent guinées.
LE DOC D YORK
Deux cents.
GLOCESTER
Mais prenez garde !
LE DUC d'ïOHK.
Oh ! je les ai donnes :
Il s'appelle Edouard.
GLOCESTER
C'est un titre pour moi.
LE DUC D'YORK
Vous m'approuvez aussi, vous, monseigneur cl roi?
EDOUARD
De grand cœur, milord duc.
Elisabeth, $e défendant doucement contre Edouard qui lui baise les mains.
Mais laissez : qu'on vous voie; Que de vous regarder on ait au moins la joie. Cher enfant, sur ce front que je trouve embelli Delà santé' pourtant les couleurs ont pâli.
EDOUARD
Ce n'est rien.
GLOCESTER
De ses traits la grâce est plustouchante.
ELISABETH
Trop pour sa mère.
le duc d'tork , se levant , un papier à la main. Ocicl!
ELISABETH
D'où vient votre épouvante?
LE DUC DYORK.
Au milieu des placets dans vos mains déposés, Cet écrit...
EDOUARD
Comme il tremble !
LE duc d'york.
Ah î ma mère, lisez.
GLOCESTER
Donnez, donnez-le-moi, cet écrit si terrible. LE duc d'york.
A Glocestcr. A la reine.
Non, vous ne l'aurez pas. — Lisez.
Elisabeth, après avoir parcouru le papier.
Est-il possible?
Hivers!....
Edouard , d la reine.
Vous frémissez !
Elisabeth, à Glocestcr.
Hivers! quel est son sort?
GLOCESTER
Reine, je vous l'ai dit.
ELISABETH
11 est mort ! il est mort !
EDOUARD
Lui, grand Dieu!
Celle nuit.
GLOCESTER
Mensonge invraisemblable !
De cet acte inhumain <jui donc sciait coupable! ELISABETH.
Vous me le demande/.?
GLOCESTER
Sans doute.
ELISABETH
C'est celui Qui ne veut pas, miloro, me laisser un appui. Hastings qu'il a frappe, hivers qu'il assassine, N'ont point lassé son bras armé pour ma mine : Un noble ami, comme eux, s'est déclaré pour nous J'apprends que, par miracle échappant à ses coups, Cet ami, Buckingham....
GLOCESTER
Eh bien !
ELISABETH
D'un nouveau crime Faillit, en me quittant, devenir la victime.
EDOUARD
Quel est son assassin ?
GLOCESTER
Quel est-il? Répondez :
Encore un coup, son nom ?
Vous me le demandez ?
GLOCESTER
Je ne demande plus ce que je dois prescrire. Parlez, je le veux.
ELISABETH
C'est... Je n'ose pas le dire; Non, je ne l'ose pas.
GLOCBSTEB.
Qui vous retient? Pourquoi Ne pas couronner l'œuvre en disant que c'est moi. J'aurai sacrifié Rivers à ma vengeance, Moi, dont il tient son rang, son titre, sa puissance ; Rivers, qui sans penser qu'on l'immole en chemin Arrive, et dans ses bras va me presser demain. Plus coupable, j'ai pris Buckingham pour victime, Moi qui l'admisquinze ans dans mon commerceintime-, Moi qui, ce soir encor, par mon cœur entraîné, Ici, dans le lieu même où je suis soupçonné, A sa grâce, à vous tous, l'offrais comme un modèle, Et parles mains du roi récompensais son zèle.
A la reine t en voulant sai.sir le papier.
De qui vient cet écrit où je suis désigné?
ELISABETH
Ah! d'un ami sans doute.
GLOCESTER
Il n'est donc pas signé!
Se couvrant.
Mensonge et trahison ! Le régent du royaume, Bravé, calomnié, n'est-il plus qu'un fantôme ? Qu'une ombre ? Mon pouvoir, immense, illimité, Pour borne cependant n'a que ma volonté.
Elisabeth, avec terreur.
Il est trop vrai.
glocester , promenant ses regards sur l'assemblée.
Celui qui, dans le fond de l'ame, Tiendrait pour vérité celte imposture infâme, Sentirait mon courroux l'écraser de son poids, Si des yeux seulement il me disait : J'y crois.
ELISABETH
Ils se taisent.
GLOCESTER
Veut-on ramener la noblesse Aux jouis on, de l'état souveraine maîtresse. Une femme régnait, cfuî nous opprimait tous, Qui semait ,:: plaisir la discorde entre nous
magasin
T.t faisait condamner le frère par le frire, Sur Clarcncc...
Elisabeth , indignée.
Ah 'miloH!
bdouard, s'élançant vers Glocetter.
Vous insulter ma inère !
GLOCESTER
|,a veuve de lord Gray ne nous gouverne pas.
édouvrd, à Glocestcr.
La veuve d'Edouatd! la reine ! ebapeaa bas,
.! lignant U- Chapeau bas devant elle !
ELISABETH
Ah ! rm'as-hi fait?
LE DUC D'YORK
Courage !
Dien, mon frère ; c'est bien !
ELISABETH
Au roi. A Glocestcr.
Edouard !... A son âge,
Revenant au roi.
On s'emporte aisément. O mon fils, contiens-toi.
A Glocester.
Pardon! j'ai tous les torts : dans un moment d efiroi.. Une mère... Ah ! pardon !
GLOCESTER
Voilà comme on me traite ; Et l'on vient s'excuser lorsque l'insulte est faite. Jugez de l'avenir qui s'annonce pour vous : On prétend gouverner le fils comme l'époux. Si je n'ai pu dompter ma trop juste colère, De mon royal neveu la leçon fut sévère , Et vous apprend , milords , que muets sous l'affront , Vous devez le subir sans relever le front. Je sanrai toutefois combattre une influence Qui peut des nobles pairs alarmer la prudence . Je le veux ; et la Tour est l'asile assuré Ou nous veillerons tous sur un dépôt sacré.
Nous séparez-vous?
GLOCESTER
Non : vous le verrez sans cesse ; Et par raison, j'espèie, autant que par tendresse , Vous lui répéterez que je tiens d'Edouard Un pouvoir dont son rang l'affranchira plus tard ; Mais qn'aujourd'hui le roi , soumis à ma puissance , Si je lui dois respect , me doit obéissance.
EDOUARD
Je suis loin d'attenter h ces droits souverains
Que mon père en mourant déposa dans vos mains ;
Mais respectez sa veuve à l'égal de lui-même ,
Ou je n'attendrai pas , portant son diadème ,
Que son ombre me dise une seconde fois :
Mon fils, venger sa mère est le plus saint des droits.
A Elisabeth;
Sortons : de ces débats prolonger le scandale C'est abaisser par trop la majesté royale. Venez, reine.
glocester , aux seigneurs de la cour.
Milords , je ne vous retiens pas.
A Edouard, en prenant un flambeau.
Votre premier sujet va précéder vos pas.
EDOUARD
Épargnez-vous ce soin.
glocester », marchant devant Lui.
Un tel devoir m'honore.
le duc d'tork , à Edouard.
tu viens d'agir en roi : je t'aime plus encore.
Elisabeth , arrêtant Glocester.
Oh! par pitié , mon frère , un mot !
TffÊATRAI .
glocesteb . doyinant te flambeau à Tyrrel , qui est entré vers la fin de la scène. *>
Remplace *-nout
Gouverneur de la Tour.
i ici et la Reine,