MO XV AL
Mille pardons, mesdames, de me présenter ainsi. Je n'ai pas eu la patience d'attendre.
Mon iils est allé vous chercher.
MONVAL
Ce cher Arthur est bien bon ! mais à peine mon exprès était-il parti, que j'ai réfléchi : c'est ce qui m'arrive toujours. J'ai songé que n'ayant que quelques heures à rester ici , il était ridicule d'en passer une dans une misérable auberge, et je me suis mis en roule; j'aurai pris un autre chemin qu'Arthur. J'étais empressé d'offrir mes hommages respectueux à la comtesse d'Aiglemont. (// s'adresse à la baronne.) Mais j'ignorais tout le bonheur de mon ami. (A la nmitesse.} Je ne pensais pas non plus vous rencontrer en ce château, madame, (llretjarde Charlotte.) Eh! mais, je suis ici tout-à-fait en pays de connaissance... Est-ce •pie vous ne vous souvenez plus de moi ?
LA COMTESSE, à part.
Que vais-je apprendre? Profitons de son erreur.
CHARLOTTE
Je me souviens d'avoir vu mon>ieur chez madame Robert, lingère, rueSaint-IIonoré.
LA BARO.NNE, à Monval.
Ah ! vous connaissez des lingères?
MONYAL.
En tout bien , tout honneur! Une ancienne femme de chambre de manière, qui a recueilli un héritage, et élevé un magasin où l'on voit toujours des demoiselles de boutique charmantes.
LA BARONNE
En vérité ?
MONVAL
Madame Robert a été vingt ans à la maison; elle m'a soigné quand j'étais enfant, et la reconnaissance...
LA BARONNE
Les jolies filles de boutique...
MONVAL
Et mon goût pour l'observation m'ont conduit quelquefois chez elle. (A Charlotte.) Qu'est devenue cette charmante personne , à l'œil noir , à la physionomie piquante. . .
CHARLOTTE
Celle que vous meniez promener si souvent? Cécile Bizot?...
MONVAL
Non... non!...
CHARLOTTE
Ah!... ma cousine Dutour?
UN MARIAGE DAMOlJR. -ACTE IL